Confusion aux États-Unis autour des retombées de l’ACEUM

Washington évoque des investissements directs de 57 milliards dans l’automobile et les pièces, et une création de 76 000 emplois sur cinq ans.
Photo: Charlie Riedel Associated Press Washington évoque des investissements directs de 57 milliards dans l’automobile et les pièces, et une création de 76 000 emplois sur cinq ans.

Contrairement aux prétentions du gouvernement de Donald Trump, les retombées d’un éventuel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) seront plutôt modestes pour l’économie américaine. Surtout, l’impact tant souhaité sur l’industrie automobile américaine pourrait être plus modéré qu’attendu, selon un nouveau rapport publié jeudi.

Les médias en avaient jeudi pour cette nouvelle offensive de charme lancée par le gouvernement Trump pour vanter les mérites de l’ACEUM et ses retombées pour l’économie américaine, en réaction à un scepticisme croissant. Le représentant américain au Commerce a affirmé que le nouvel accord, toujours dans l’attente d’une ratification au Congrès depuis cinq mois, ramènerait des emplois dans l’industrie automobile du Mexique aux États-Unis. Washington évoque des investissements directs de 57 milliards dans l’automobile et les pièces, et une création de 76 000 emplois sur cinq ans.

Le mois dernier, le Fonds monétaire international se montrait plus prudent dans son évaluation de l’impact des nouvelles règles d’origine en esquissant plutôt un scénario de baisse de la production de véhicules dans les trois pays.

Jeudi, un rapport publié par la Commission américaine du commerce international atténuait également l’optimisme de Washington. L’organisme indépendant, mandaté par le Congrès, estimait plutôt à 28 000 le nombre d’emplois équivalent temps plein créés dans l’industrie automobile. Pour les consommateurs, il s’attend en outre à des hausses de prix des voitures.

Pour l’ensemble de l’économie américaine, le rapport conclut à des retombées positives mais modestes. Les conclusions chiffrent à moins de 0,4 %, ou à 68 milliards $US, l’augmentation du PIB et à 176 000 l’ajout à l’emploi.

Pour l’heure, l’ACEUM doit être approuvé par le Congrès américain. La Maison-Blanche compte obtenir un feu vert avant ses congés annuels en août. Retarder l’échéance après la rentrée accroîtrait les risques de ne pas obtenir de ratification du tout en raison de la campagne présidentielle.

Au Canada, avec les élections fédérales prévues cet automne et les délais des travaux parlementaires, les élus canadiens ont jusqu’au 6 juin au plus tard pour entériner cet accord, avait indiqué récemment un haut responsable canadien.

Au Mexique, la procédure de ratification suit son cours, le gouvernement n’ayant pas d’opposition de principe à l’exigence de Donald Trump d’améliorer les conditions salariales dans le secteur automobile mexicain.