Nouveau patron chez Investissement Québec

Le nouveau président d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, jeudi
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le nouveau président d’Investissement Québec, Guy LeBlanc, jeudi

Après avoir été occupée par un banquier, un économiste et un gestionnaire de haut niveau, la présidence d’Investissement Québec se retrouve désormais entre les mains d’un spécialiste des transactions, le gouvernement Legault ayant arrêté son choix sur un ancien haut gradé du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC).

Guy LeBlanc, dont le nom a circulé dans les médias depuis quelques semaines, a été officiellement présenté comme le nouveau dirigeant du bras financier du gouvernement québécois, une nomination immédiatement critiquée par l’opposition en raison des liens de proximité entre M. LeBlanc et le ministre de l’Économie.

M. LeBlanc, un ami de longue date du ministre Pierre Fitzgibbon, a fait l’objet d’une décision « unanime » du comité de sélection chargé de trouver un successeur à l’actuel p.-d.g., Pierre-Gabriel Côté. Une douzaine de candidatures ont été évaluées.

« J’ai la conviction que c’est la personne la plus compétente pour prendre en charge Investissement Québec et mener avec succès la réforme de cette organisation », a dit le ministre Fitzgibbon lors d’une conférence de presse. « Il connaît parfaitement le secteur de l’investissement et les transactions d’affaires. » M. LeBlanc a quitté PwC en 2015, où il était à la tête du bureau de Montréal comptant plusieurs centaines d’employés.

M. Fitzgibbon, qui a étudié à HEC Montréal en même temps que M. LeBlanc et a aussi travaillé chez PwC, a reconnu avoir « beaucoup d’amis » en raison de son parcours professionnel. Le processus de sélection a été solide et la compétence de M. LeBlanc ne fait aucun doute, a-t-il dit. Présente à l’événement, la présidente du conseil d’administration d’Investissement Québec, Monique Leroux, a elle aussi insisté sur le processus.

« J’ai dit à Mme Leroux que je voulais un processus très rigoureux, parce que les chances que le nouveau p.-d.g. d’Investissement Québec soit une personne connue de ma part étaient très grandes, considérant mon expérience et mon implication dans le milieu des affaires », a dit le ministre Fitzgibbon.

Rémunération

Pour la première fois, Investissement Québec s’est dit en mesure de verser un dividende au gouvernement l’été dernier, grâce à un bénéfice net de 170 millions (en excluant certains éléments) sur un rendement ajusté de 5,3 %.

Pour refléter les changements qui s’en viennent, la rémunération du p.-d.g. sera augmentée pour prendre en compte les critères de performance et se rapprochera du million de dollars si certains objectifs sont atteints, a dit le ministre. La moitié sera fixe et l’autre moitié sera variable.

Le président d’Hydro-Québec, qui verse régulièrement des dividendes de plus de 2 milliards au gouvernement, a gagné en 2018 un salaire de base de 560 000 $ et a reçu 257 000 $ en guise d’incitatif lié à l’année 2017. À la Caisse de dépôt et placement, qui gère 310 milliards pour une quarantaine de régimes de retraite et de caisses d’assurance, le président Michael Sabia a reçu pour 2018 une rémunération globale de 3,87 millions.

Une proximité critiquée

À l’Assemblée nationale, l’opposition n’a pas été tendre envers la Coalition avenir Québec, lui rappelant ses propos du passé au sujet des nominations à des postes clés.

« Le premier ministre disait qu’il fallait mettre fin aux nominations partisanes, et le ministre actuel de l’Économie a décidé de faire un changement à la tête d’IQ, puis de nommer une nouvelle personne », a dit la députée libérale Dominique Anglade, ex-ministre de l’Économie. « Cette personne-là est sans doute compétente, mais il se trouve aussi qu’elle est une amie du ministre et qu’il y a une [hausse de] rémunération de plus de 50 % qui est proposée […]. La question est simple : n’y a-t-il pas un conflit d’intérêts flagrant ? »

«Le choix des nominations des personnes qui ont des responsabilités importantes va toujours se faire par le gouvernement de la CAQ sur une seule base : la compétence », a affirmé le premier ministre François Legault.

L’annonce faite par le ministre survient à un moment clé pour IQ, un organisme que le premier ministre souhaite plus entreprenant dans le développement économique du Québec. Le capital-actions passera de 4 à 5 milliards afin de lui permettre d’effectuer plus d’interventions, a indiqué le ministre des Finances en mars.

Le mandat de Pierre-Gabriel Côté, un ancien de Fibrek et de Bombardier, devait à l’origine prendre fin plus tard cette année. Il restera dans l’organisation pour un certain temps afin d’assurer la transition des dossiers.