Un nouveau délai de deux mois pour le groupe San Francisco

Le groupe Boutiques San Francisco a obtenu un troisième délai de l’ordonnance qui protège l’entreprise de ses créanciers.
Photo: Le groupe Boutiques San Francisco a obtenu un troisième délai de l’ordonnance qui protège l’entreprise de ses créanciers.

Le groupe Boutiques San Francisco (BSF) a jusqu'au 30 juillet pour compléter sa restructuration. Le juge Clément Gascon, de la Cour supérieure du Québec, a en effet prolongé pour une troisième fois hier l'ordonnance qui protège l'entreprise de ses créanciers.

Ce nouveau délai donnera au groupe d'investisseurs dirigé par le fondateur Paul Delage Roberge le temps de conclure ses ententes de financement.

En vertu d'une offre acceptée par le conseil d'administration de BSF le 10 mai dernier, ces 27 hommes et femmes d'affaires québécois se proposent d'injecter 15,4 millions dans la relance de l'entreprise qui s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites quelques jours avant Noël. Les créanciers autres que le syndicat bancaire recevraient quant à eux 15,6 millions.

D'après le chef de la restructuration, Gaétan Frigon, M. Roberge et ses partenaires — dont l'identité n'a toujours pas été rendue publique — pourraient bien obtenir plus d'argent que prévu.

La prolongation de l'ordonnance permettra en outre à BSF de s'entendre avec le gestionnaire immobilier Ivanhoé Cambridge, propriétaire de plusieurs centres commerciaux abritant des magasins Les Ailes de la mode, Bikini Village et San Francisco maillots.

L'offre de recapitalisation est en effet conditionnelle à la conclusion d'ici le 27 mai d'un accord sur le bail du magasin Les Ailes du centre-ville de Montréal de même que sur la créance liant BSF à Ivanhoe. Les avocats des deux parties ont laissé entendre hier que les négociations allaient bon train.

Les créanciers de BSF s'attendent à recevoir le plan d'arrangement final au plus tard le 9 juin prochain. Si l'entreprise ne peut tenir cet engagement, elle devra se présenter à nouveau devant la cour pour en expliquer les raisons. Les créanciers pourraient alors demander au juge d'ordonner la vente des actifs de l'entreprise.

M. Frigon a toutefois réitéré hier sa confiance dans le succès du processus. «C'est une recapitalisation et non pas une vente d'actifs, les employés restent, le fondateur demeure dans le groupe, ce sont des Québécois et non pas une banque américaine qui viennent en prendre le contrôle. Si on avait écrit un scénario idéal au début, c'est ça qu'on aurait écrit», a-t-il dit en marge de l'audience.