Négociations syndicales: Bombardier et Airbus optimistes

Philippe Balducchi et Alain Bellemare
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Philippe Balducchi et Alain Bellemare

Malgré la sortie du syndicat représentant des milliers de travailleurs de Bombardier et de la société en commandite contrôlée par Airbus qui assemble l’A220, le géant européen demeure persuadé de pouvoir renouveler rapidement les contrats de travail.

Interrogé mardi en marge d’un événement dans le cadre de la Semaine de l’aérospatiale, à Montréal, le directeur du programme, Philippe Balducchi, a estimé que les pourparlers se déroulaient « bien » et que le processus suivait son cours. Auparavant, M. Balducchi participait, avec le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, à une discussion qui s’est déroulée presque exclusivement en anglais, visant à faire le point sur le partenariat entre les deux avionneurs. M. Bellemare ne s’est pas adressé aux journalistes.

À la demande des employeurs, les discussions ont repris dimanche avec l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA), qui négocie simultanément avec Bombardier et la société en commandite. Les conventions collectives sont échues depuis le 30 novembre. Toutefois, vendredi, l’AIMTA avait distribué un bulletin interne à ses membres indiquant notamment que les offres patronales présentées la semaine dernière se trouvaient à des « années-lumière » des attentes syndicales.

Prudent dans ses commentaires, M. Balducchi n’a pas voulu se prononcer sur le ton employé par l’AIMTA, qui est affiliée à la FTQ, dans son bulletin. Selon le syndicat, une élimination du régime de retraite à prestations déterminées à la faveur d’un régime à cotisations déterminées et un fractionnement de l’accréditation syndicale figurent dans les propositions des employeurs.

Cette négociation est différente des dernières étant donné que le syndicat doit négocier à la fois avec Bombardier et le géant européen en raison d’une entente de réciprocité conclue il y a un peu plus d’un an. Puisqu’Airbus a pris les commandes de la CSeries — rebaptisée A220 —, les employés affectés à l’assemblage de cet avion à Mirabel ne travaillent plus exclusivement pour Bombardier.

Interrogé, M. Balducchi n’a pas semblé souhaiter que les négociations qui concernent les employés de la société en commandite soient entièrement indépendantes de celles concernant les travailleurs de Bombardier. « Il y a deux tables de négociations. Elles sont séparées. Nous n’avons pas une volonté particulière de nous séparer complètement. Nous partageons les mêmes sites, la même [main-d’oeuvre] d’une manière. »

Outre quelque 1000 syndiqués qui s’affairent à assembler l’A220, les discussions concernent plus de 3000 travailleurs de Bombardier affectés au programme des avions CRJ à Mirabel ainsi que d’autres à Dorval et à Saint-Laurent.

A220

Par ailleurs, M. Balducchi a affirmé qu’il y avait « beaucoup d’intérêt » pour l’avion A220 de la part de clients potentiels, mais il a prôné la patience. En début d’année, les transporteurs JetBlue et Moxy, qui avaient annoncé des engagements l’été dernier, ont confirmé des commandes fermes pour 120 appareils, alors que le transporteur national de Vanuatu a commandé quatre avions en février. « L’intérêt devient de plus en plus sérieux, mais il y a des besoins d’analyse normaux [auprès des clients], a plaidé le dirigeant du programme de l’A220. Cela ne se fait pas immédiatement. »