La confiance des entreprises en baisse au Canada

Les entreprises québécoises sont les seules à continuer de faire état de pénuries de main-d’oeuvre plus intenses qu’il y a 12 mois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les entreprises québécoises sont les seules à continuer de faire état de pénuries de main-d’oeuvre plus intenses qu’il y a 12 mois.

La confiance des entreprises canadiennes a baissé à son plus bas niveau en deux ans et demi, rapporte la Banque du Canada.

Le ralentissement de la croissance économique et les « vents contraires » soufflant des États-Unis ont accéléré en début d’année la glissade de la confiance des entreprises amorcée durant la seconde moitié de 2018, a constaté la banque centrale canadienne lundi en dévoilant l’édition printanière de son Enquête sur les perspectives des entreprises.

Pointant pour la première fois en territoire « légèrement » négatif depuis l’automne 2016, le principal indicateur de l’enquête est à l’image des « résultats pour plusieurs questions de l’enquête [qui] ont baissé sous les moyennes historiques », observe la Banque du Canada.

Un recul

Les perspectives des entreprises en matière de ventes, d’investissements et d’embauches affichent toutes un recul, accusant principalement le coup des difficultés du secteur énergétique de l’Ouest canadien, de « la faiblesse persistante » du marché de l’habitation « dans certaines régions » et des « effets tangibles des tensions entourant les échanges mondiaux ».

Citant « plusieurs vents contraires en provenance de l’étranger », les répondants de l’enquête ont notamment évoqué ceux soufflant des États-Unis, où, en plus d’un ralentissement de croissance économique, plusieurs entreprises canadiennes disent faire face à du protectionnisme ainsi qu’à des baisses d’impôts et à une réglementation qui réduisent leur compétitivité face à leurs concurrents américains.

On se dit également victimes des impacts directs et de l’incertitude découlant de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, les tensions géopolitiques entre la Chine et le Canada, ainsi que tous les autres différends commerciaux en cours dans le monde.

Le Québec à part

Si l’humeur est particulièrement en berne dans les provinces de l’Ouest, aux prises avec des prix de l’énergie déprimés, des projets de pipelines bloqués et une limitation de la production, le Québec se démarque, à l’inverse, par des perspectives de ventes qui demeurent fermes, rapporte la Banque du Canada sur la base de son sondage, réalisé du 19 février au 13 mars auprès des dirigeants d’une centaine d’entreprises canadiennes représentatives.

Contrairement au reste du Canada, le Québec et la Colombie-Britannique se plaignent toujours de leur difficulté à répondre aux hausses inattendues de la demande.

Les entreprises québécoises sont notamment les seules à continuer de faire état de pénuries de main-d’oeuvre plus intenses qu’il y a 12 mois.

Ce petit coup de blues des entreprises canadiennes est en phase avec le passage à vide que traverse l’économie du pays depuis la fin de l’année dernière, ont noté des analystes lundi.

Cette période devrait bientôt être suivie d’un rebond à la faveur d’une remontée des prix de l’énergie et de la bonne tenue qu’affiche toujours le secteur des services, a écrit dans un bref commentaire Krishen Rangansamy, économiste à la Banque Nationale.

Chose certaine, la prochaine hausse des taux d’intérêt de la Banque du Canada « est bien plus loin qu’on le pensait encore il y a quelques mois », a estimé son confrère de la Banque Royale, Nathan Janzen.