Budget: les conservateurs en Ontario ne visent pas le déficit zéro

Le ministre des Finances, Vic Fedeli, a soutenu jeudi que son gouvernement avait «établi une voie raisonnable vers l’équilibre», une «approche réfléchie et mesurée», sur cinq ans.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Le ministre des Finances, Vic Fedeli, a soutenu jeudi que son gouvernement avait «établi une voie raisonnable vers l’équilibre», une «approche réfléchie et mesurée», sur cinq ans.

Les progressistes-conservateurs de Doug Ford, en Ontario, n’atteindront pas l’équilibre budgétaire pendant le mandat actuel, mais leur premier budget ouvre une ère de resserrement progressif.

Le budget, déposé jeudi, établit le déficit annuel à 11,7 milliards, et les conservateurs ne prévoient pas l’éliminer avant 2023-2024. Or, les prochaines élections provinciales sont prévues en 2022.

Les réductions draconiennes et généralisées que plusieurs craignaient ne se concrétisent pas dans ce premier budget, mais l’échéancier vers l’équilibre montre que le couperet s’abattra surtout à partir de la mi-mandat. Le budget limite la croissance des dépenses — et il annonce des coupes dans les études postsecondaires et les services sociaux. Mais les dépenses de programmes dépassent quand même de près de 5 milliards celles prévues dans le plus récent budget, présenté par le précédent gouvernement libéral, que les conservateurs ont souvent critiqué pour leur côté dépensier.

Le ministre des Finances, Vic Fedeli, a soutenu jeudi que son gouvernement avait « établi une voie raisonnable vers l’équilibre », une « approche réfléchie et mesurée », sur cinq ans. « Notre principe est de protéger ce qui compte le plus », a-t-il dit. Au cours des trois prochaines années, le budget global alloué aux dépenses de programmes augmentera en moyenne de 0,8 %, contre une croissance de 3,3 % prévue l’an dernier par les libéraux.

11,7 milliards
C'est le déficit annuel établi dans le budget ontarien déposé jeudi.

Le budget ne contient d’ailleurs pas de nouvelles taxes. En plus de lutter contre le déficit, le gouvernement s’attaque également à la dette nette — actuellement fixée à 343 milliards — en veillant à ce que les excédents et les fonds de réserve ou de prévoyance inutilisés soient versés au service de la dette. En outre, un projet de loi obligerait le gouvernement à élaborer une stratégie de réduction du fardeau de la dette. Il obligerait même le premier ministre et le ministre des Finances à verser 10 % de leur salaire pour chaque échéance ratée dans la production de documents importants comme le budget provincial ou les comptes économiques trimestriels.