Uber vise 100 milliards pour son entrée en Bourse

Uber a perdu 865 millions sur les trois derniers mois de 2018.
Photo: Scott Olson Agence France-Presse Uber a perdu 865 millions sur les trois derniers mois de 2018.

Bien qu’il perde des centaines de millions de dollars chaque trimestre, Uber espère atteindre une valorisation proche des 100 milliards de dollars en entrant sur les marchés boursiers, réalisant ainsi l’une des plus grosses entrées en Bourse de l’histoire.

Ce chiffre est néanmoins inférieur aux prévisions les plus optimistes qui circulaient jusque-là — autour de 120 milliards —, vraisemblablement à cause des déboires de son concurrent américain Lyft, dont les premiers pas à Wall Street à la fin mars se sont révélés décevants et qui, comme Uber, est loin d’être rentable. Alors que les deux concurrents avaient bataillé ferme pour se lancer en premier sur les marchés, il semble donc au final qu’Uber va pouvoir bénéficier de l’expérience difficile de Lyft en se montrant plus prudent quant à la valorisation attendue. Introduite à 72 $US sur le Nasdaq le 29 mars, l’action de Lyft a depuis connu de grosses fluctuations. Mercredi, elle s’échangeait à 61,63 $US, confirmant l’idée que le prix d’introduction avait été fixé trop haut.

Photo: Richard Drew Associated Press Dara Khosrowshahi

Par comparaison, Facebook avait atteint un peu plus de 80 milliards de valeur boursière via son offre publique initiale en mai 2012. C’était alors la plus grosse opération de l’histoire pour une entreprise technologique américaine, selon le cabinet Dealogic.

Une entrée en Bourse d’une telle ampleur pour Uber sonnerait comme une revanche pour le groupe. Ce serait aussi une marque de confiance des investisseurs pour son nouveau patron, Dara Khosrowshahi, qui avait été nommé en 2017 pour succéder au fondateur Travis Kalanick, poussé vers la sortie par des investisseurs inquiets des scandales. Jouissant d’une image située à l’opposé de son sulfureux prédécesseur, M. Khosrowshahi s’efforce depuis de redorer l’image d’Uber et d’assainir les finances d’un groupe qui a encore perdu 865 millions sur les trois derniers mois de 2018.

Présent dans de très nombreux pays, Uber fait néanmoins toujours face à de nombreux défis, contesté par les taxis traditionnels ou poursuivi par des chauffeurs voulant se faire reconnaître comme des salariés et non des travailleurs indépendants.