La création d’emplois rebondit aux États-Unis

Des travailleurs participaient à une foire d’emploi, vendredi à Miami.
Photo: Joe Raedle Getty images Agence France-Presse Des travailleurs participaient à une foire d’emploi, vendredi à Miami.

Le marché du travail américain est resté très solide au vu du fort rebond des embauches en mars après la frayeur d’un brusque coup de frein en février. Le taux de chômage est resté à 3,8 %, proche de son plus bas niveau en presque 50 ans.

L’économie des États-Unis a créé 196 000 nouveaux emplois le mois dernier, après seulement 33 000 en février (chiffre révisé à la hausse), ce qui avait fait craindre un ralentissement abrupt de l’activité. Les analystes misaient sur un rebond, mais dans une moindre mesure, avec 170 000 nouvelles embauches.

« Les résultats sont sortis et ils sont très, très bons. Économiquement […], le pays va très, très bien », a lancé le président Donald Trump avant de s’envoler pour la frontière avec le Mexique, où il allait visiter le chantier de construction d’une portion de mur. Son principal conseiller économique, Larry Kudlow, interviewé à Bloomberg TV, a assuré qu’avec ces résultats « solides », la croissance pourrait s’élever « au-dessus de 2 % au premier trimestre et de 3 % le reste de l’année ».

La vitalité des embauches en mars reste donc remarquable et reflète une économie qui a encore du souffle, notamment dans les services, même si elle marque un peu le pas par rapport au début d’année et à 2018. Durant le premier trimestre en moyenne, le volume de création d’emplois mensuel est de 180 000, contre 223 000 pour l’ensemble de 2018, a précisé le ministère du Travail.

En février, les embauches avaient subi un coup d’arrêt qui avait totalement surpris les analystes. L’économie avait notamment encaissé le contrecoup de la fermeture partielle des services administratifs (shutdown) dans le cadre d’un bras de fer entre le président Donald Trump et les démocrates au Congrès sur le financement d’un mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique. À 20 000, au lieu des 33 000 annoncées initialement, les embauches de février étaient tombées à leur plus faible niveau depuis septembre 2017.

Le taux de participation à l’emploi, qui avait progressé au début de l’année, s’est légèrement tassé, à 63 % au lieu de 63,2 %. C’est un signe un peu décevant, car il reflète le retrait de quelque 200 000 personnes du marché du travail, ce qui, proportionnellement, a permis de contenir le taux de chômage.

La progression des rémunérations est aussi moins soutenue qu’en février, à 3,2 % sur un an (sans compter l’inflation), au lieu de 3,4 % le mois d’avant. Cela correspond à une augmentation mensuelle de 0,1 %, en dessous de ce qui était attendu (+0,3 %). Cette modération de l’augmentation des salaires devrait conforter la Banque centrale dans son intention d’observer une pause sur les hausses de taux puisqu’elle n’a pas d’inquiétude pour l’instant quant à une résurgence de l’inflation causée par les hausses de salaire. Pour Paul Ashworth, de Capital Economics, ces bons résultats de mars « seront accueillis avec un soupir de soulagement » après la création d’emplois décevante de février. Il estime toutefois que la croissance de l’emploi va être sur une tendance plus faible.


Trump veut une baisse des taux

Donald Trump persiste et signe : il veut une baisse des taux de la Banque centrale américaine, qu’il accuse d’avoir ralenti l’économie des États-Unis. « Personnellement, je pense que la Fed devrait baisser les taux. Je pense qu’ils nous ont vraiment ralentis », a accusé vendredi le président américain, soulignant qu’il y avait « très peu d’inflation dans le pays ». Il va plus loin et réclame carrément que l’institution lance un programme de stimulation de l’économie, à l’instar de ce qui avait été mis en place après la crise financière de 2008 pendant presque une décennie. « Vous verriez alors une véritable fusée, mais malgré ça [l’économie] va très bien », a lancé le président.

Donald Trump a aussi nommé pour siéger au comité monétaire de la Fed deux hommes très proches de lui politiquement et au profil inhabituel pour ces fonctions qui les amèneront à peser sur la politique monétaire. Stephen Moore, 59 ans, un ancien conseiller de campagne de Donald Trump, est un économiste controversé connu pour proférer des contrevérités. Herman Cain, 73 ans, que le président a nommé jeudi, a dirigé une chaîne de pizzérias et été membre d’une branche régionale de la Fed. Il s’était aussi lancé brièvement dans la primaire républicaine pour la présidentielle de 2012.