Le risque immobilier s’est déplacé au Canada, avertit le FMI

La situation générale des grands marchés immobiliers comme Toronto et Vancouver ne s’est pas améliorée depuis 2008, selon le FMI.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne La situation générale des grands marchés immobiliers comme Toronto et Vancouver ne s’est pas améliorée depuis 2008, selon le FMI.

Toronto et Vancouver ont pris le relais de Las Vegas, Miami et Phoenix dans l’évaluation des risques d’une prochaine crise immobilière. Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la situation dans certains des grands marchés résidentiels canadiens ne s’est pas améliorée depuis la crise de 2008.

Selon l’outil de mesure dont s’est doté le FMI pour évaluer le risque d’une contraction des cours immobiliers résidentiels, « la situation générale ne s’est pas améliorée depuis 2008 » dans les grands marchés tels Toronto et Vancouver, « et les risques d’une chute des prix de l’immobilier restent élevés », soutient l’institution de Washington dans un rapport présenté en marge de son assemblée générale printanière. Des mesures visant à restreindre l’accessibilité et la spéculation étrangère ont pourtant été appliquées. S’il en a résulté une amélioration de la qualité des emprunteurs, la tendance haussière sur les prix ne s’est pas résorbée pour autant.

Le FMI rappelle le poids de l’industrie de la construction et de la rénovation résidentielles dans l’économie, qui peut accaparer le sixième du PIB des États-Unis ou de la zone euro. Sans compter son influence sur la stabilité du système financier, les hypothèques et autres prêts immobiliers constituant une part importante de l’actif bancaire. Et sa portée systémique, les prix de l’immobilier dans les plus grandes villes du monde évoluant de concert. « En 2018, les prix immobiliers semblaient moins surévalués aux États-Unis [...] ce qui conduirait à une contraction du marché bien plus contenue qu’en 2008. À l’inverse, le marché immobilier au Canada évolue dans la direction opposée, en particulier dans des villes comme Hamilton, Toronto et Vancouver, où les prix semblent bien plus surestimés qu’en 2008 », écrivent les analystes du FMI.

L’outil développé par le FMI permet d’évaluer la probabilité d’une éventuelle baisse des prix. L’on retient que le risque d’une forte correction des cours immobiliers a diminué depuis 2007 dans les économies dites avancées, alors qu’il a augmenté chez les émergents. « Notre étude s’appuie sur des données provenant de 22 pays avancés, de 10 pays émergents et des principales villes de ces pays. Elle révèle que, dans la plupart des pays avancés de l’échantillon, pondérés par le PIB, la probabilité d’une chute brutale des prix de l’immobilier corrigés de l’inflation était plus faible à la fin de l’année 2017 que dix ans auparavant, mais restait supérieure à la moyenne historique. Dans les pays émergents, en revanche, le risque était plus élevé en 2017 qu’à la veille de la crise financière mondiale », indique le FMI.

Par région, le Canada n’est toutefois pas isolé dans l’échelle supérieure des risques. Globalement, « les risques à la baisse des prix immobiliers demeurent élevés dans plus de 25 % des pays avancés et dans près de 40 % des pays émergents ». Et l’institution d’ajouter : « Parmi ces derniers, la Chine, notamment ses provinces de l’Est, se distingue tout particulièrement. »

Les prix des maisons grimpent plus vite à Montréal

Les hausses de prix de maisons ont été plus importantes à Montréal qu’à Toronto et à Vancouver au cours du premier trimestre, révèle une étude trimestrielle de Royal LePage publiée jeudi. Le prix médian des habitations de la grande région de Montréal a avancé de 5,5 % pour atteindre 406 332 $ pendant les trois premiers mois de 2019, alors qu’il avançait de 3,4 % dans Toronto et sa banlieue et qu’il reculait de 1,5 % dans l’agglomération vancouvéroise. La croissance des prix est encore plus appréciable dans le centre de Montréal, où elle s’est établie à 8,1 %, ce qui en fait « le marché le plus vigoureux parmi les trois plus grandes régions métropolitaines du pays ». Pour l’ensemble du marché canadien, la croissance des prix a ralenti au premier trimestre 2019 par rapport à la même période l’an dernier, pour s’établir à 2,7 %, a précisé Royal LePage. La Presse canadienne