Lockout chez ABI: François Legault blâme le syndicat

Mardi en mêlée de presse, François Legault a maintenu que «la partie qui doit faire le plus de compromis est le syndicat».
Photo: Jacques Boissinot Mardi en mêlée de presse, François Legault a maintenu que «la partie qui doit faire le plus de compromis est le syndicat».

Le premier ministre du Québec a renforcé sa position mardi. Dans ce lockout qui s’étire en longueur chez ABI à Bécancour, François Legault estime qu’il appartient au syndicat de l’aluminerie de faire des compromis.

Mardi en mêlée de presse, François Legault a maintenu que « la partie qui doit faire le plus de compromis est le syndicat ». Prenant position dans ce conflit vieux de 15 mois, il a ajouté que « quand un syndicat en demande trop, le risque est alors de perdre des emplois à 92 000 $ par an, donc moi, je pense que c’est important d’être raisonnable, et actuellement, je ne trouve pas que le syndicat est raisonnable », selon les propos recueillis par La Presse canadienne.

Lundi, le chef caquiste avait multiplié les rencontres avec le syndicat et les représentants patronaux. Il s’était ensuite refusé à tout commentaire avant d’écrire plus tard sur Twitter que « le syndicat doit faire des compromis ». Le premier ministre en a rajouté mardi, ce qui a soulevé l’ire du syndicat. « La FTQ et le Syndicat des Métallos jugent tout à fait inappropriées les dernières sorties du premier ministre François Legault à la suite de la rencontre avec les dirigeants d’Alcoa et les leaders syndicaux de la FTQ, communications dans lesquelles le premier ministre réclame des concessions de la part des travailleurs et travailleuses en parlant entre autres des salaires, mais rien du côté patronal. C’est assez ordinaire », peut-on lire dans le communiqué syndical.

L’étonnement est d’autant plus grand que « les salaires n’ont jamais été en jeu dans le lockout ». Dans sa dernière offre, l’employeur proposait des augmentations de 2,55 % par année en moyenne que le syndicat n’a pas rejetées. « Alors qu’il était initialement question de régime de retraite et de respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre, l’employeur a multiplié les nouvelles demandes de concessions depuis », a ajouté le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Quand un syndicat en demande trop, le risque est alors de perdre des emplois à 92 000 $ par an, donc moi, je pense que c’est important d’être raisonnable, et actuellement, je ne trouve pas que le syndicat est raisonnable

Le premier ministre a aussi été ramené à son commentaire sur le contrat d’énergie entre Hydro-Québec et Alcoa, qu’il avait qualifié de « stuff de junior ». Il lui a été rappelé que ce contrat avait permis à Alcoa d’économiser 165 millions en 2018 avec le lockout, ce qui a eu pour conséquences de déséquilibrer les négociations .

Après un autre rejet des offres patronales le 11 mars dernier, qui incluaient un protocole de retour au travail, le syndicat a déposé une contre-proposition à la direction le 21 mars qui demeure toujours en attente d’une réponse de la partie patronale. Les parties doivent se rencontrer mercredi lors d’une rencontre convoquée par le médiateur.