Nouveau passage à vide de l’économie canadienne à prévoir

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz

La Banque du Canada s’attend encore à un passage à vide de l’économie canadienne, mais réitère sa croyance en une réaccélération.

Dans son discours accompagnant une allocution devant le Symposium minier du Nunavut, Stephen Poloz persiste et signe. « Cette période prolongée de croissance inférieure à son niveau potentiel se révélera passagère. » Si l’actuel passage à vide de l’économie canadienne justifie le maintien d’une politique monétaire accommodante, avec l’absence d’une nouvelle hausse du taux directeur sur le radar, le gouverneur de la banque centrale n’a pas proposé de nouveau scénario lundi.

L’institution a retenu le statu quo à deux reprises depuis le début de l’année, surprise par la faiblesse observée au cours des trois derniers mois de 2018, la croissance du PIB affichant son plus bas niveau en deux ans et demi.

Prenant note de l’impact plus important que prévu des conflits commerciaux, de la chute des cours pétroliers et du ralentissement du marché immobilier, la Banque du Canada prévenait en mars d’une baisse de régime susceptible de déborder sur le premier semestre de 2019.

Ralentissement des exportations

Dans son discours de lundi, Stephen Poloz revient sur la contribution de ces différends commerciaux internationaux au ralentissement des exportations et des investissements des entreprises. « L’incertitude entourant les règles du commerce mondial a abouti à l’annulation pure et simple de projets d’investissement. Même si cette incertitude disparaissait du jour au lendemain […], une partie du tort qui a été fait ces deux dernières années ne pourrait être réparé. »

L’incertitude entourant les règles du commerce mondial a abouti à l’annulation pure et simple de projets d’investissement

Il a ensuite évoqué une sous-estimation du poids des services dans les données agrégées. « L’an dernier, les exportations de services au Canada ont augmenté plus rapidement que celles des biens », avec des poussées de 10 % au plus dans les services financiers, le tourisme, les télécommunications ou encore les services informatiques.