SNC-Lavalin perd un contrat au Chili

L’entreprise a appris avec stupéfaction lundi que Codelco a mis fin au contrat de 260 millions $US qui lie les deux sociétés.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’entreprise a appris avec stupéfaction lundi que Codelco a mis fin au contrat de 260 millions $US qui lie les deux sociétés.

Les problèmes de SNC-Lavalin au Chili, où une société d’État vient de résilier un important contrat, s’ajouteront aux sujets susceptibles d’alimenter la discussion lors de l’assemblée annuelle des actionnaires dans quelques semaines.

Aux prises avec le spectre d’un procès pour ses activités passées en Libye, SNC-Lavalin doit maintenant évaluer les conséquences « financières et légales » découlant de la résiliation d’un contrat par Codelco, la société d’État chilienne spécialisée dans l’exploitation cuprifère.

L’entreprise a appris avec stupéfaction lundi que Codelco, à laquelle SNC-Lavalin avait fait référence cet hiver sans la nommer spécifiquement, a mis fin au contrat de 260 millions $US qui lie les deux sociétés en invoquant des problèmes d’exécution.

« Nous sommes consternés et surpris par la décision prise par Codelco », a écrit SNC-Lavalin. Selon la compagnie montréalaise, les deux parties en étaient arrivées à une « entente de bonne foi le 1er février 2019 concernant l’achèvement complet du projet et la résolution rapide de notre différend » grâce à un processus d’arbitrage accéléré.

40 %
C’est le recul du titre de SNC-Lavalin par rapport à l’an dernier.

À la demande de Codelco, SNC-Lavalin a présenté l’état d’avancement des travaux, a indiqué la compagnie montréalaise. Les délais s’expliquent entre autres par les « conditions du chantier, qui étaient de la responsabilité de Codelco », a dit SNC-Lavalin, mais aussi par « des travaux injustifiés et de piètre qualité réalisés par les sous-traitants principaux en construction ».

Codelco a ensuite indiqué qu’elle résiliait le contrat, un geste décrit par SNC-Lavalin comme « non fondé ».

L’ampleur du problème était telle, a indiqué SNC-Lavalin le 11 février, que la compagnie a réduit ses prévisions de rentabilité pour 2018 tout en suspendant ses soumissions d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction pour d’autres projets miniers. À cause de l’impact financier du projet, avait-elle précisé, la division des mines et de la métallurgie inscrirait une perte de 350 millions pour le quatrième trimestre.

En raison d’une baisse de son cours entamée au milieu de 2018, le titre de SNC-Lavalin affiche un recul de près de 40 % par rapport à l’an dernier. L’action a terminé la séance de mardi à 34,25 $, en baisse de 0,3 %.

Détails plus tard

« La société fournira plus de renseignements [au sujet du contrat résilié] lors de sa prochaine téléconférence et webdiffusion sur ses résultats trimestriels », a indiqué SNC-Lavalin. Ces résultats surviendront au matin de l’assemblée des actionnaires. L’an dernier, l’événement avait été tenu le 3 mai.

SNC-Lavalin fait face à un procès criminel lié à des accusations de corruption pour des contrats que la firme de génie-conseil a obtenus en Libye de 2001 à 2011. Les procureurs fédéraux n’ont pas accepté de lui permettre d’accéder à un accord de poursuite suspendue. Lancé en 2018, le programme est semblable à ce qui existe dans d’autres pays. Il n’a pas encore été utilisé. Ce type d’entente peut être accompagné d’amendes et de mesures correctives. Dans le cas de SNC-Lavalin, un important redressement éthique a été lancé dans la foulée du scandale concernant le Centre universitaire de santé McGill.

Selon SNC-Lavalin, la mise en place d’un accord de poursuite différée serait « la meilleure façon de protéger et d’augmenter les emplois directs de SNC-Lavalin au Canada », a-t-elle indiqué dans un communiqué lundi. La compagnie compte environ 9000 employés au Canada et 5000 fournisseurs.

Une condamnation au terme d’un procès criminel aurait pour effet de l’exclure des contrats fédéraux pour dix ans.

Au Québec, la radiation serait de cinq ans. Selon des données de 2017, les activités de SNC-Lavalin au Canada ont entraîné des revenus de 2,9 milliards, soit 31 % de l’ensemble de son chiffre d’affaires.