Le Canada à la remorque d’un monde qui fait du surplace

La part des énergies fossiles dans le total ne s’est pas réduite, mais s’est maintenue aux alentours de 80% depuis trois décennies.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne La part des énergies fossiles dans le total ne s’est pas réduite, mais s’est maintenue aux alentours de 80% depuis trois décennies.

La transition vers des sources d’énergie plus accessibles et moins polluantes fait du surplace depuis 5 ans, déplore le Forum de Davos dans un rapport où le Canada fait office de cancre.

Dressant le portrait du monde de l’énergie en matière notamment de capacités disponibles, d’accès et de coût, mais aussi d’impact environnemental ou encore de transition vers des modes de développement plus durables, la 5e édition de l’Indice de transition énergétique du Forum économique mondial de Davos dévoilé lundi arrive à un sombre constat. Si désormais moins d’un milliard de personnes n’ont toujours pas directement accès à l’électricité, le coût de l’énergie a augmenté récemment et, loin de s’accélérer, la transition vers des sources énergétiques plus durables sur le plan environnemental « a stagné à l’échelle mondiale ».

La part des énergies fossiles dans le total ne s’est pas réduite, mais s’est maintenue aux alentours de 80 % depuis trois décennies, note-t-on, au point même d’assister à un retour du charbon l’an passé.

Ce « manque de rapidité de la transition énergétique est particulièrement alarmant, trois ans après l’accord historique de Paris sur le climat et après que le [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] a démontré l’an dernier le peu de temps dont on dispose pour éviter de graves dommages environnementaux », a observé le Forum de Davos dans un communiqué.

Le Canada loin derrière

Les meilleurs dans l’ensemble sont les pays d’Europe du Nord (Suède, Norvège, Finlande…) et quelques pays d’Europe de l’Ouest (Suisse, Autriche, Royaume-Uni…). Ces derniers sont malheureusement trop petits — avec seulement 2,6 % des émissions mondiales de GES pour les dix premiers pays — pour faire une réelle différence dans le portrait général.

Globalement, le Canada arrive à la 35e place sur 115 pays grâce, entre autres, à son accès facile, abondant et peu coûteux à l’énergie. Il dégringole toutefois au 100e rang en matière de durabilité environnementale, derrière les États-Unis (89e) et tout juste devant la Chine (106e). Il doit ce résultat entre autres à ses émissions de GES par habitant (107e), à l’énergie requise par dollar produit par son économie (97e), au manque d’ambition de ses engagements en matière de réduction de GES (105e) ou encore à la nature de ses principales sources d’énergie (107e).

Les deux pays les plus populeux, la Chine et l’Inde, font piètre figure en ce qui a trait à leur performance générale actuelle, pointant respectivement au 97e et au 86e rang, mais paraissent mieux en matière de capacité de transition (45e et 61e), reflétant une volonté de mettre de meilleures conditions en place.

Le monde a un mal fou à désarrimer la consommation d’énergie de la croissance économique, résume le rapport. Des endroits comme la Californie, l’Allemagne ou le Japon offrent bien des modèles de développement plus durable, mais même là-bas, la plupart des innovations technologiques sur lesquelles on compte pour réduire notre empreinte environnementale, comme la capture du carbone, le stockage d’énergie et le virage vert de l’industrie lourde, sont loin d’être prêtes à être utilisées.