La dette avant les baisses d'impôt, dit le ministre Girard

Le Québec devrait avoir atteint tous ses objectifs de réduction de la dette en 2024, a dit le ministre Eric Girard en marge d’une allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Québec devrait avoir atteint tous ses objectifs de réduction de la dette en 2024, a dit le ministre Eric Girard en marge d’une allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Préférant pour l’instant les mesures d’allégement fiscal ciblées, le gouvernement Legault veut également atteindre les objectifs de réduction de dette avant de se pencher sur des baisses d’impôt générales aux particuliers, a affirmé vendredi le ministre des Finances.

Si la tendance se maintient, le Québec devrait avoir atteint tous ses objectifs de réduction de la dette en 2024, a dit le ministre Eric Girard en marge d’une allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Nous nous sommes engagés à réduire le fardeau fiscal, mais avec des mesures précises : la baisse de taxes scolaires, la réduction de la contribution additionnelle pour la garde d’enfants, la motion unanime pour exempter les pensions alimentaires, le crédit pour les travailleurs d’expérience », a dit M. Girard lors d’un bref point de presse.

« Quand les gens parlent de réduire les taux d’imposition pour les particuliers, pour ça, je pense que d’abord on doit atteindre les cibles de dette qu’on s’est données collectivement. On a fait des progrès énormes, et on continue. Toutes nos cibles devraient être atteintes autour de 2024. »

« Donc pas avant 2024 ? » a demandé un journaliste. « Bien, c’est-à-dire que, si on génère des surplus encore avant… La prévision actuelle, à jour, c’est le 31 mars 2024. »

Selon le budget présenté jeudi, le poids de la dette brute par rapport au produit intérieur brut est actuellement de 46,1 %. Cette dette représente l’ensemble des emprunts effectués dans les marchés financiers et les engagements liés aux régimes de retraite du secteur public. L’objectif prévu par la loi adoptée au milieu des années 2000 consiste à ramener ce ratio à 45 % d’ici 2025, un taux qui sera atteint, dans les faits, dès 2021. Quant au poids de la dette nette (passifs moins actifs financiers) par rapport au PIB, il se situe à 40 % et se dirigerait vers 35 % en mars 2024.

« Selon la trajectoire, autour de 2024 on devrait avoir une dette inférieure à celle de l’Ontario et au même niveau que le gouvernement fédéral », a dit le ministre aux membres de la CCMM. « C’est extrêmement positif. Ça permet d’assurer un financement stable à long terme, de faire face au vieillissement de la population, de financer les investissements dans les infrastructures, de contrer un éventuel ralentissement de l’économie. »

Par ailleurs, le ministre ne semble pas exclure la possibilité d’étendre aux grandes entreprises la mesure prévoyant une réduction des charges sur la masse salariale pour les travailleurs âgés de 60 ans et plus. Le budget présenté jeudi limite cette mesure aux PME, qui l’ont accueillie très favorablement. Cet allégement est une dépense fiscale de 340 millions sur cinq ans.

Bien que satisfait du budget dans son ensemble, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) n’a pas caché sa déception sur cet enjeu précis. « Sachant que près de 80 % des postes à pourvoir au cours des 10 prochaines années résulteront de départs à la retraite, le CPQ estime qu’on ne devrait pas créer deux classes d’employeurs, a-t-il écrit jeudi. D’autant plus que les grandes entreprises emploient une large proportion des employés et que certaines institutions financières subissent des taxes additionnelles sur la masse salariale. En outre, le Québec devrait miser davantage sur des incitatifs à la formation. »

« On a une nouvelle mesure », a indiqué le ministre Girard en point de presse. « Si elle montrait son efficacité, on pourrait augmenter la mesure avec les entreprises existantes, ou élargir la mesure. Tout est possible. Là, ce sont les PME, et on pense que ça va toucher 34 000 sociétés. »