Google dévoile un service de streaming de jeux vidéo

Jade Raymond a auparavant travaillé pour Ubisoft, où elle a notamment été productrice pour la série «Assassin’s Creed».
Photo: Justin Sullivan Agence France-Presse Jade Raymond a auparavant travaillé pour Ubisoft, où elle a notamment été productrice pour la série «Assassin’s Creed».

Google a promis mardi de révolutionner le monde du jeu vidéo, en lançant cette année une plateforme permettant de jouer en streaming, mais aussi en dévoilant une nouvelle manette ou encore en lançant son propre studio de création.

Le groupe américain, qui est aussi un géant de l’infonuagique, lancera cette plateforme, baptisée Stadia, dès cette année aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et dans certains pays d’Europe, ont indiqué ses responsables lors d’une conférence annuelle des développeurs de jeux vidéo à San Francisco.

Stadia sera « le moteur qui va redessiner les jeux et l’avenir », a déclaré mardi Jade Raymond, qui va prendre la tête du nouveau studio de création de jeux vidéo de Google — Stadia Games and Entertainment, autre annonce importante du groupe mardi.

Sur tous les appareils

Avec cette plateforme, Google entend s’adresser à tout le monde, aux créateurs de jeux comme aux joueurs.

Concrètement, Stadia va permettre aux joueurs de s’amuser sans accroc et directement en ligne, depuis différents appareils compatibles (tablette, téléphone intelligent, télévision, etc.), à des jeux sophistiqués. Et ce, sans avoir à les télécharger ou à les installer, sur le modèle de Netflix pour la vidéo ou de Spotify pour la musique.

« Stadia permet un accès instantané à un jeu », a expliqué Phil Harrison, un des responsables du sujet chez Google, qui dame ainsi le pion à d’autres groupes technologiques sur le gigantesque marché du jeu vidéo.

L’idée est aussi que l’on puisse commencer à jouer sur un appareil et reprendre la partie où on l’a laissée sur un autre appareil. Le défi était de taille, car le streaming doit pouvoir offrir la même qualité de jeu que sur les consoles ou l’ordinateur.

Il faut notamment que le transfert des données soit suffisamment rapide pour éviter des interruptions dans l’action ou une dégradation du graphisme : c’est la combinaison de la puissance du nuage et des avancées en matière de vitesse Internet qui peuvent permettre un résultat satisfaisant aux deux bouts de la chaîne : du créateur au joueur, dans son salon.

« Nous sommes à l’orée d’une révolution gigantesque dans le jeu, qui va permettre un nouveau niveau de créativité pour les développeurs, maintenant que le centre de données est votre plateforme », a résumé Mme Raymond.

En revanche, Google n’a pas indiqué comment il comptait monétiser son Netflix des jeux vidéo pour le grand public : par un abonnement mensuel, de la publicité ou encore une commission sur les jeux ?

Avant de mettre au point un modèle économique, il faut d’abord que la plateforme puisse être en mesure de proposer un vaste catalogue de jeux : la première étape consiste à inciter les développeurs à créer des jeux pour Stadia. C’était à l’évidence l’objectif de la présentation de mardi, précisément faite devant un parterre de développeurs, auxquels Google a donc proposé toute une batterie d’outils techniques.

Une manette wifi

Le groupe, qui dispose de la puissance de son infrastructure de nuage avec des centres de données dans plusieurs pays du monde, a commencé à tester cette technologie complexe il y a quelques mois, avec la franchise Assassin’s Creed du français Ubisoft : les testeurs pouvaient accéder à une partie tout simplement depuis Chrome, le navigateur Internet de Google.

Du côté des créateurs de jeux, ce service permet de créer plus vite et plus facilement, y compris des jeux très sophistiqués graphiquement, ont aussi expliqué les responsables du groupe américain.

Le groupe a aussi dévoilé une manette de jeu qui permettra d’accéder immédiatement à un jeu en ligne par une liaison wifi. En outre, Stadia permettra aussi de regarder en diffusion continue des parties de jeux vidéo, sur le modèle de Twitch (Amazon).