Les Canadiens doutent de leurs gouvernements en cas de besoin

À court terme, c’est la difficulté de joindre les deux bouts qui préoccupe le plus les Canadiens, suivie par la crainte de tomber malade.
Photo: Marc Bruxelle Getty Images À court terme, c’est la difficulté de joindre les deux bouts qui préoccupe le plus les Canadiens, suivie par la crainte de tomber malade.

Seulement le tiers des Canadiens pensent qu’ils pourraient facilement obtenir l’aide de leurs gouvernements en cas de besoin, selon un sondage.

Les Canadiens sont inquiets quant à leur avenir économique et sont loin d’être sûrs de pouvoir compter sur leurs gouvernements pour les épauler, constate un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui sera dévoilé mardi et qui est basé sur une grande enquête d’opinion réalisée dans 21 pays. Seule petite consolation, peut-être, la crise de confiance est encore plus grande dans le reste du club des pays développés.

À peine 34 % des Canadiens s’attendent à avoir facilement accès à l’aide publique s’ils en ont besoin, contre une moyenne de seulement 20 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Déjà, seulement 30 % au Canada (contre 20 % dans l’OCDE) estiment en avoir pour leur argent en matière de services publics, et plus de 60 % pensent que d’autres en reçoivent plus qu’ils le devraient.

 
57%
C’est la proportion de Canadiens qui voudraient que leurs dirigeants en fassent plus pour protéger leur sécurité économique et sociale.

Il faut dire que seulement le quart environ des Canadiens ont le sentiment que les gouvernements tiennent compte de leur point de vue dans l’élaboration de leurs politiques, ce qui est quand même presque deux fois plus que la moyenne dans les pays développés.

« C’est un signal d’alarme pour les dirigeants politiques », a commenté dans un communiqué le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. « Les pays de l’OCDE offrent parmi les systèmes de protection sociale les plus avancés et les plus généreux au monde. […] Cependant, trop de gens ont le sentiment qu’ils ne peuvent pas compter sur les gouvernements en cas de besoin. Une meilleure compréhension des [causes de ce phénomène] est essentielle pour assurer une protection sociale plus efficace. Nous devons rétablir la confiance dans les gouvernements et promouvoir l’égalité des chances. » L’un des défis auxquels font face presque tous les pays, expliquent les auteurs du rapport, consiste à adapter leurs systèmes de protection sociale à la montée des inégalités et à la nature changeante du travail.

Inquiétudes

À court terme, c’est la difficulté de joindre les deux bouts qui préoccupe le plus les Canadiens (51 %), suivie par la crainte de tomber malade (48 %) et celle de perdre son emploi (36 %). À plus long terme, les deux tiers s’en font d’abord et avant tout pour leur sécurité financière à l’âge de la retraite, suivie de la crainte pour soi-même ou ses enfants de ne jamais atteindre le niveau de confort de la génération précédente (46 %) et de la peur de ne pas être en mesure d’assurer les soins à long terme d’un membre de la famille (37 %).

Dans ce contexte, plus de la moitié (57 %) des Canadiens voudraient que leurs gouvernements en fassent plus pour protéger leur sécurité économique et sociale. Cette proportion grimpe à 70 % en moyenne dans les pays de l’OCDE où l’on estime que la priorité, en la matière, devrait être accordée à l’amélioration des régimes publics de retraite, des soins de santé et de la protection d’un revenu minimum suffisant.

En moyenne, un peu moins de 40 % des répondants dans les pays de l’OCDE accepteraient une augmentation de 2 % de leurs impôts en échange d’une amélioration des soins de santé ou des retraites, soit à peine plus que les 35 % qui sont opposés à toute hausse. Par contre, 70 % sont favorables au fait de taxer davantage les riches pour redonner aux pauvres.

Réalisée par téléphone et Internet, l’enquête d’opinion de l’OCDE a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 22 000 personnes âgées de 18 à 70 ans de mars à avril 2018.