Les enquêteurs à l’oeuvre, Boeing se hâte de trouver des solutions

Les enregistreurs de vol ont été remis au Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA), où ils seront analysées.
Photo: Christophe Ena Associated Press Les enregistreurs de vol ont été remis au Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA), où ils seront analysées.

Avant même de connaître les causes de l’accident du 737 MAX d’Ethiopian Airlines, l’avionneur américain Boeing se pressait pour modifier le système antidécrochage de son avion, suspecté d’avoir joué un rôle dans la tragédie du vol ET 302 et déjà mis en cause dans le drame de la compagnie indonésienne Lion Air fin octobre.

Boeing devrait modifier dans une dizaine de jours le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l’avion, dit « MCAS » (Maneuvering Characteristics Augmentation System), montré du doigt dans l’accident du 737 MAX 8 de Lion Air qui a fait 189 morts, ont indiqué vendredi à l’AFP deux sources proches du dossier.

Ces sources ont spécifié que cela ne présageait pas des causes de l’accident d’Ethiopian Airlines qui a fait dimanche 157 morts.

Les boîtes noires de la compagnie éthiopienne sont actuellement décryptées et analysées par les enquêteurs français, près de Paris, pour tenter d’élucider les causes de la tragédie dont les similarités avec l’accident de Lion Air ont conduit les autorités du monde entier à clouer au sol la flotte entière des 737 MAX.

L’avionneur américain avait commencé à développer une solution pour le MCAS après l’accident de Lion Air, a expliqué à l’AFP l’une des sources. Celle-ci serait prête et la modification prendrait environ deux heures par appareil, a-t-elle encore ajouté.

Contacté par l’AFP, Boeing n’a pas souhaité faire de commentaires.

Présentation aux clients

Boeing a tenu une conférence téléphonique jeudi avec au moins trois compagnies clientes du 737 MAX et leur a présenté le correctif, a fait savoir la seconde source. Il devrait informer les autres compagnies aériennes clientes au plus tôt la semaine prochaine, a-t-elle poursuivi.

Photo: Bureau Français d’enquête et d’analyses L’une des boîtes noires du 737 MAX d’Ethiopian Airlines est particulièrement endommagée. Mais ces enregistreurs sont conçus pour résister à des chocs extrêmes.

La délégation éthiopienne dirigée par le chef du Bureau d’enquête pour les accidents est arrivée vendredi au Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour entamer le processus d’investigation.

Pour l’heure, rien n’a filtré sur le précieux contenu des deux boîtes noires, qui ont été endommagées lors de l’impact au sol. L’une (Flight Data Recorder, FDR) contient tous les paramètres du vol ; l’autre (CVR, Cockpit Voice Recorder), les conversations et alarmes dans le cockpit.

Au total, dix personnes du BEA sont mobilisées. Le travail sur le FDR pourrait durer jusqu’à samedi, a écrit sur Twitter le BEA, situé près de Paris et réputé pour son expertise dans les enquêtes sur des accidents d’avion.

Il a été sollicité par les autorités éthiopiennes dirigeant l’enquête sur l’accident, parce qu’elles ne sont pas équipées pour examiner ces boîtes.

Fabriquées par l’américain L3 technologies, celles-ci sont issues d’une nouvelle technologie, comme l’avion qu’elles équipent.

La photo diffusée par le BEA sur Twitter montre un FDR particulièrement endommagé. Mais ces enregistreurs sont conçus pour résister à des chocs extrêmes. Ainsi cela « ne présage en rien de l’intégrité des données qu’elles contiennent », a expliqué un ancien responsable du BEA.