La formation, un enjeu clé pour l’industrie aérospatiale québécoise

L’industrie aérospatiale québécoise devra pourvoir environ 37 000 emplois d’ici 2028, selon les chiffres mis en avant par les partenaires de la campagne.
Photo: Getty Images L’industrie aérospatiale québécoise devra pourvoir environ 37 000 emplois d’ici 2028, selon les chiffres mis en avant par les partenaires de la campagne.

La campagne promotionnelle sensibilisant les jeunes à l’industrie aérospatiale a eu pour effet d’augmenter de 50 % l’achalandage dans les journées portes ouvertes des écoles de formation, selon les observations faites depuis sa première diffusion il y a un an.

Même si son effet net sur les inscriptions n’est pas encore chiffrable, la campagne « Ose créer l’avenir » lancée en mai 2018 a notamment « permis un peu de casser l’annonce de Bombardier concernant les 2500 mises à pied » faite six mois plus tard, a indiqué jeudi la directrice générale du Comité sectoriel de main-d’oeuvre en aérospatiale du Québec (CAMAQ), Nathalie Paré.

« Il faut que les gens comprennent que oui, Bombardier est un joueur, mais il y a 200 autres joueurs », a dit Mme Paré en marge d’un colloque sur l’avenir de l’industrie organisé par le syndicat Unifor et auquel participaient également des représentants d’entreprises, dont Bombardier, CAE et Pratt Whitney Canada, de même que des experts et des élus.

« Si je prends par exemple l’entretien d’aéronefs, les gens peuvent travailler dans le manufacturier, mais ils peuvent aussi travailler dans le transport aérien. Il y a Air Canada, Transat, Air Inuit et tous les autres. Les besoins sont immenses, ils se trouvent dans différents secteurs et à divers niveaux », a ajouté Mme Paré.

L’industrie devra pourvoir environ 37 000 emplois d’ici 2028, selon les chiffres mis en avant par les partenaires de la campagne, dont la grappe Aéro Montréal, l’École des métiers de l’aérospatiale de Montréal (EMAM) et l’École nationale d’aérotechnique. De ce nombre, les deux tiers sont des remplacements alors que le reste sera constitué de nouveaux postes.

Portrait du secteur

Selon les estimations du CAMAQ, l’industrie québécoise comptait au 1er janvier 59 295 travailleurs, dont 71 % se trouvent dans la fabrication, suivie du transport aérien à 26 % et de l’aéroportuaire à 3 %. Dans l’ensemble, le milieu compte un peu plus de 500 entreprises au Québec.

À l’heure actuelle, l’EMAM ne fonctionne pas au maximum de ses capacités. L’industrie a souffert de quelques mauvaises nouvelles au cours des années, a dit son directeur, Mario Héroux, lors d’une table ronde, mais l’école demeure également méconnue du public. La moyenne d’âge est de 31 ans. « Chez les 16 à 20 ans, c’est à peu près inexistant », a-t-il précisé.

Les grands donneurs d’ordre ont un certain pouvoir d’attraction face à la main-d’oeuvre, a dit le vice-président des ressources humaines chez Pratt Whitney Canada, Kevin Smith, mais c’est « difficile » pour les PME et elles sont tout aussi importantes dans l’écosystème, a-t-il fait remarquer.

L’ex-premier ministre Jean Charest, recruté par l’industrie canadienne pour diriger la réflexion sur la nécessité de se doter d’une stratégie canadienne, est venu présenter une mise à jour des travaux qu’il a menés au cours des derniers mois. Le rapport que lui a commandé l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC) pourrait être publié vers le milieu du mois d’avril.


Un « conseil de sages » pour évaluer les accords de réparation ?

Invité à commenter le dossier SNC-Lavalin, l’ex-premier ministre Charest s’est demandé en point de presse s’il ne fallait pas nommer un « conseil de sages » pour évaluer le cas de l’entreprise, qui souhaite négocier un accord de réparation afin d’éviter un procès. « Si je me mets à la place du gouvernement, il me semble qu’il faut prendre du recul concernant la décision de soumettre le cas de SNC-Lavalin à la nouvelle législation », a dit M. Charest. « C’est peut-être un cas qui mériterait que les gens prennent un certain recul et que le gouvernement, en consultation avec les partis d’opposition, nomme un comité de sages pour évaluer le cas et qu’on puisse détacher ça d’une surchauffe partisane qui, honnêtement, ne sert les intérêts de personne. »