Après le vote, les Métallos de l’aluminerie ABI évaluent leurs options

Réunis en assemblée générale lundi, les syndiqués ont rejeté à 82% la dernière offre patronale d’ABI.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Réunis en assemblée générale lundi, les syndiqués ont rejeté à 82% la dernière offre patronale d’ABI.

Dans la foulée du rejet de l’offre patronale, le ministre du Travail a exprimé mardi sa surprise quant au résultat du vote pendant que le syndicat des Métallos, de son côté, réfléchissait aux prochaines étapes.

La section locale des Métallos, qui représente 1030 travailleurs en lockout depuis janvier 2018, est en train d’analyser diverses options, dont la possibilité de faire une contre-offre « dans les prochains jours », a indiqué en entrevue son président, Clément Masse.

Réunis en assemblée générale lundi, les syndiqués ont rejeté à 82 % la dernière offre patronale, décrite par la direction de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) comme « juste et compétitive ». Trois différentes accréditations syndicales se sont prononcées lors de l’assemblée, marquée par un taux de participation de 90 %.

La compagnie avait dévoilé la semaine dernière certains éléments de son offre, dont des hausses salariales annuelles correspondant « à une moyenne minimale de 2,55 % » sur les six ans qu’aurait duré la convention collective. Au coeur du litige, selon le syndicat, figurent des enjeux comme le régime de retraite et la sous-traitance.

« La direction d’ABI est déçue, a affirmé Alcoa dans une déclaration écrite mardi. La ratification de l’offre aurait mis fin au conflit de travail avec un plan de reprise des opérations. »

Selon les Métallos, toutefois, l’entreprise proposait un protocole de retour au travail qui se serait échelonné sur dix mois, un enjeu n’ayant pas été discuté à la table de négociation. Après la grève de quatre mois et demi en 2004, le protocole de retour au travail avait pris seulement un mois et demi.

« La volonté de l’employeur, là, c’est qu’on rentre le plus tard possible, a dit M. Masse. Dans le protocole [soumis au vote], il se donnait à peu près tous les droits, il n’était même pas obligé de nous faire faire nos semaines complètes de travail, il pouvait utiliser des cadres, des sous-traitants, etc. »

Réaction du ministre

« C’est quand même un développement intéressant », a dit le ministre du Travail, Jean Boulet, en entrevue à RDI mardi matin. « La compagnie a soumis une offre qui a été présentée en assemblée générale des salariés. Évidemment, j’ai été un peu étonné de la décision aussi massive, mais je prends acte de cette décision, prise dans un processus qui est démocratique. Ce que j’apprends ce matin, c’est que le syndicat préparerait une contre-proposition. »

Le syndicat des Métallos a rappelé à plusieurs reprises au cours des derniers mois que le lockout est considéré comme un cas de force majeure par la direction d’ABI. Du coup, cela a pour effet de suspendre l’obligation d’ABI d’acheter de l’électricité auprès d’Hydro-Québec. L’impact pour la société d’État a été d’environ 165 millions en 2018, a-t-elle précisé il y a quelques semaines.

Le premier ministre François Legault ne « peut pas, selon ce que le syndicat demande, renégocier les tarifs d’électricité ou renégocier ce contrat-là », a dit M. Boulet. « [Le premier ministre] est informé de tout ce que j’ai fait, de tout ce que nous faisons pour aider les parties, a ajouté le ministre Boulet. On va créer l’environnement le plus positif possible pour permettre aux parties de respecter leur volonté clairement exprimée de trouver un règlement négocié par elles-mêmes. »

Par ailleurs, les Métallos ont demandé au ministre de reporter « l’hypothèse de règlement, ce que j’ai accepté d’emblée ce matin », a dit le ministre à RDI. Il n’a pas exclu, non plus, la possibilité que la direction d’ABI dépose une offre bonifiée.