L’industrie aérienne démarre 2019 en force

En janvier, le trafic passagers à l’échelle mondiale était en hausse de 6,5 % par rapport au mois correspondant de 2018.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir En janvier, le trafic passagers à l’échelle mondiale était en hausse de 6,5 % par rapport au mois correspondant de 2018.

L’industrie aérienne connaît un fort début d’année. La croissance de la demande est au rendez-vous, poursuivant en cela une tendance haussière vieille de dix ans. Mais des signes d’affaiblissement apparaissent, ici et là.

En janvier, le trafic passagers à l’échelle mondiale était en hausse de 6,5 % par rapport au mois correspondant de 2018. La capacité ayant augmenté de 6,4 %, il en a résulté une amélioration de 0,1 point du coefficient moyen d’occupation, qui atteignait 79,6 %.

Les données viennent de l’Association du transport aérien international (IATA, en anglais), qui représente quelque 290 compagnies aériennes revendiquant 82 % du marché mondial. « 2019 a démarré sur une note positive, la demande de passagers étant en ligne avec la tendance des dix dernières années. Cependant, les signaux du marché sont mitigés, avec des signes d’affaiblissement de la confiance des entreprises dans les économies développées et une image plus nuancée dans les pays en développement », a commenté Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Par région, le trafic passagers a crû de 8,5 % en Asie-Pacifique, de 7,4 % en Europe, de 5,2 % en Amérique du Nord, de 4,8 % en Amérique latine et de 3,7 % en Afrique. Au total, la progression s’est établie à 6 % pour le trafic passagers international, de 7,3 % pour le marché intérieur. L’IATA observe toutefois dans sa lecture de janvier une modération de la cadence en Europe, « reflétant probablement les incertitudes quant à la situation économique de la région, notamment le manque de clarté sur le Brexit ». Aux États-Unis, le volume de passagers internationaux s’appuie sur de saines conditions économiques, mais les signaux émis par le trafic intérieur pointent vers un affaiblissement. « En termes corrigés des variations saisonnières, la tendance à la hausse s’est modérée depuis la mi-2018, peut-être en raison de préoccupations concernant les perspectives économiques et les tensions commerciales », soutient l’Association.

Dans ses projections pour 2019 publiées vers la fin de décembre, l’IATA anticipait un rendement sur le capital investi supérieur au coût du capital pour une cinquième année de suite. Les projections faisaient ressortir un bénéfice net d’ensemble de 35,5 milliards $US en 2019, contre 32,3 milliards prévus cette année, prolongeant à dix années consécutives la séquence de rentabilité. L’IATA prenait cependant soin d’ajouter que cette performance se traduit par une marge bénéficiaire nette à peine au-dessus des 4 %, soit un « modeste » total de 7,75 $US par passager. Les plus forts résultats viendraient des transporteurs nord-américains, avec un profit prévu de 16,77 $US par passager et une marge de 6 %.