La Banque du Canada maintient son taux directeur à 1,75%

La Banque du Canada a lancé un avertissement aux Canadiens, affirmant qu’ils doivent s’attendre à ce que la performance économique soit moins vigoureuse au cours des prochains mois.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La Banque du Canada a lancé un avertissement aux Canadiens, affirmant qu’ils doivent s’attendre à ce que la performance économique soit moins vigoureuse au cours des prochains mois.

La Banque du Canada a décidé de laisser son taux directeur inchangé en raison d’un ralentissement économique plus marqué qui, selon elle, laisse planer de l’incertitude quant à l’échéancier des prochaines hausses de taux.

Elle a également lancé un avertissement aux Canadiens mercredi, affirmant qu’ils doivent s’attendre à ce que la performance économique soit moins vigoureuse au cours des prochains mois. Selon la banque centrale, les effets de ce ralentissement devraient s’observer pendant la première moitié de 2019 — un horizon qui est plus long par rapport à la prévision précédente de son gouverneur, Stephen Poloz.

Pour une troisième annonce consécutive, la Banque a décidé de laisser son taux directeur à 1,75 %. Auparavant, M. Poloz avait procédé à cinq resserrements monétaires entre le milieu de 2017 et l’automne dernier.

Toutefois, la publication, la semaine dernière, d’indicateurs économiques décevants semble avoir changé la donne. Un rapport de Statistique Canada avait démontré que la performance avait été étonnamment faible au cours des trois derniers mois de 2018. La croissance économique avait été à son plus bas niveau en deux ans et demi. « Compte tenu du bilan contrasté que l’on peut tirer des données, il faudra du temps pour jauger la durée pendant laquelle la croissance restera sous son niveau potentiel ainsi que les implications pour les perspectives d’inflation », a indiqué la Banque, dans son communiqué.

De nombreux analystes ont prédit que la Banque attendra au moins fin 2019 avant d’introduire une autre hausse de taux. Certains se demandent même si M. Poloz ira de l’avant avec un autre resserrement monétaire cette année et d’autres se demandent si ce dernier pourrait opter pour un autre scénario qu’une hausse du taux directeur. « La Banque du Canada a clairement indiqué qu’elle estimait que les perspectives pour 2019 étaient moins optimistes qu’il y a un mois », a estimé Frances Donald, responsable de la stratégie macroéconomique chez Gestion d’actifs Manuvie. Elle a ajouté qu’il était important de tenir compte du contexte mondial, puisque le ton de plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, a changé au cours des deux ou trois derniers mois.