Newmont rejette l’offre de Barrick Gold, mais propose une coentreprise

Au moment de son dévoilement, le 25 février, l’offre de Barrick pour Newmont était estimée à 18 milliards.
Photo: Douglas C. Pizac Associated Press Au moment de son dévoilement, le 25 février, l’offre de Barrick pour Newmont était estimée à 18 milliards.

Le conseil d’administration de Newmont Mining a unanimement rejeté l’offre non sollicitée de Barrick Gold et a répliqué au géant canadien en proposant plutôt la création d’une coentreprise qui exploiterait les actifs des deux entreprises au Nevada.
 

Le chef de la direction de Newmont, Gary Goldberg, et le président de Newmont, Tom Palmer, le successeur désigné de M. Goldberg, se sont attaqués au bilan de Barrick, lundi, dans le cadre d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers. M. Goldberg en a profité pour réitérer son opposition à l’offre de Barrick, qui ferait en sorte que les actionnaires de Newmont détiendraient environ 44 % de l’entité issue du regroupement — qui serait le plus important producteur aurifère dans le monde. « La proposition égocentrique de Barrick est conçue pour transférer la valeur des actionnaires de Newmont à Barrick », a-t-il déclaré.

La proposition égocentrique de Barrick est conçue pour transférer la valeur des actionnaires de Newmont à Barrick

Le dirigeant de Newmont a également mis en doute l’expérience du nouveau chef de la direction de Barrick, Mark Bristow, ainsi que le bilan des fusions et acquisitions réalisées sous la gouverne de John Thornton, qui est devenu le président directeur de la minière en 2014. M. Bristow a gonflé les rangs du producteur aurifère établi à Toronto lorsque ce dernier a mis la main sur Randgold Resources.

Période de grands changements

Selon M. Goldberg, Barrick traverse une période de grands changements. Il estime toutefois que la présence de M. Thornton nuit à la capacité de la compagnie à créer de la valeur depuis un certain temps. De son côté, le président de Newmont a ajouté qu’il n’était pas d’accord avec la vision de Barrick selon laquelle les deux sociétés devraient être fusionnées en une seule entreprise. « Néanmoins, nous pouvons réaliser la majorité des synergies figurant dans la proposition de Barrick par l’entremise d’une coentreprise responsable des activités des deux compagnies au Nevada en travaillant ensemble », a affirmé M. Palmer.

44%
L’offre de Barrick ferait en sorte que les actionnaires de Newmont détiendraient ce pourcentage de l’entité issue du regroupement, qui serait le plus important producteur aurifère dans le monde.

Newmont, qui table également sur un projet d’acquisition de la vancouvéroise Goldcorp, affirme que sa proposition de coentreprise permettrait aux sociétés de réaliser des synergies tout en évitant les risques associés à la proposition non sollicitée de Barrick. Barrick détiendrait une participation de 55 % dans cette coentreprise, tandis que celle de l’entité émanant du regroupement entre Newmont et Goldcorp en détiendrait 45 %.

Par voie de communiqué, M. Bristow a affirmé pour sa part que le projet de coentreprise de Newmont s’inspirait d’un « processus obsolète […] qui avait échoué précédemment », ajoutant que la valeur de la compagnie serait plus élevée avec un seul exploitant aux commandes. « Nous savons que nous pouvons [être plus efficaces] que Newmont, a-t-il souligné. Les actionnaires de Newmont et de Barrick vont en bénéficier davantage. »

Au moment de son dévoilement, le 25 février, l’offre de Barrick pour Newmont était estimée à 18 milliards.