La croissance a ralenti au Canada en 2018

<p>Le Canada a affiché sa plus faible progression trimestrielle depuis le milieu de 2016, a indiqué vendredi Statistique Canada.</p>
Photo: John Raoux Associated Press

Le Canada a affiché sa plus faible progression trimestrielle depuis le milieu de 2016, a indiqué vendredi Statistique Canada.

L’économie canadienne a crû à une cadence annualisée de 0,4 % au cours des trois derniers mois de 2018, le pays ayant affiché sa plus faible progression trimestrielle depuis le milieu de 2016, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Les plus récentes données de l’agence sur le PIB réel montrent que, pour l’ensemble de l’année dernière, l’économie canadienne a affiché une croissance de 1,8 %, comparativement à celle de 3 % de 2017. La hausse de 0,4 % enregistrée au quatrième trimestre était inférieure à la croissance de 2 % enregistrée au trimestre précédent.

« Je pense que nous assistons à la confirmation d’une tendance en ce qui a trait à une décélération économique, mais nous voyons qu’elle se manifeste beaucoup plus rapidement », a noté Brian DePratto, économiste principal à la Banque TD. M. DePratto et d’autres analystes ont prédit vendredi que des chiffres plus modestes allaient venir dans les prochains mois, car les réductions de la production de pétrole en Alberta, au début de l’année, ne se feront sentir que lors de la prochaine publication trimestrielle des données. « Tout cela laisse entendre […] que nous pourrions disposer d’un autre trimestre de surplace, avec une très, très faible croissance », a-t-il affirmé.

Statistique Canada a également publié des révisions à la baisse pour le premier semestre de 2018, qui ont ramené la croissance du deuxième trimestre à 2,6 % et celle du premier trimestre à 1,3 %. Initialement, ces progressions avaient été estimées à 2,9 % et 1,7 % respectivement.

« Le mot qui commence par “R” restera dans les esprits, car l’économie canadienne a évité de justesse un début de récession [au quatrième trimestre] », a écrit l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, dans une note de recherche. « Si ce n’était pas de l’énorme gain de l’emploi en janvier, nous craindrions une récession en bonne et due forme, mais à ce stade-ci, on peut davantage parler d’un moteur en panne. »

M. DePratto a indiqué qu’en éliminant les chiffres relatifs au commerce et aux stocks — qui, selon lui, ne sont pas nécessairement de purs indicateurs de la santé de l’économie — le Canada a maintenant connu un deuxième trimestre de contraction. « Il faut retourner au début de 2015 pour voir une telle contraction deux trimestres de suite », a-t-il observé. En décembre, l’économie s’est contractée de 0,1 % pour un deuxième mois consécutif. Il s’agissait en outre de son troisième déclin en quatre mois.

Pas de hausse de taux en vue

La plupart des observateurs s’attendent à ce que la Banque du Canada laisse son taux d’intérêt directeur inchangé lors de sa prochaine décision à ce sujet, prévue la semaine prochaine. Avec le rapport de vendredi, certains se demandent maintenant si le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, osera augmenter de nouveau le taux directeur cette année — ou même si le prochain changement apporté au taux sera vraiment une hausse. « Il semble que la Banque du Canada va rester très tranquille pendant très longtemps », a estimé l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, dans un rapport de recherche.