La Laurentienne dépose une offre aux syndiqués

La seule banque syndiquée au pays est au cœur d’un plan de transformation qui s’est amorcé en 2016.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La seule banque syndiquée au pays est au cœur d’un plan de transformation qui s’est amorcé en 2016.

Deux jours après avoir annoncé l’élimination de 350 postes, la Banque Laurentienne a déposé une offre finale au syndicat représentant 1200 syndiqués au Québec, dont le contrat de travail est échu depuis plus d’un an.

Le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ) a reçu la proposition vendredi, sans toutefois faire plus de commentaires puisque le contenu devra être analysé avant d’être présenté aux membres le 10 mars.

Néanmoins, le conseiller aux communications du SEPB, Dave Parent, a indiqué, au cours d’un entretien téléphonique, que le syndicat attendait une offre depuis assez longtemps. « Enfin, elle est déposée, a-t-il dit. Nous avions des rendez-vous de prévus pour la présentation de l’offre, mais pour diverses raisons, ils avaient été repoussés par l’employeur. » De son côté, la Laurentienne a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle « ne fera pas de commentaires pour l’instant ».

Cette négociation entre les deux parties, qui s’est amorcée en 2016, a été acrimonieuse. Il y a notamment eu deux tentatives de désyndicalisation de la part d’un groupe d’employés qui ont échoué au cours du processus. Le SEPB avait aussi déposé des plaintes au Conseil canadien des relations industrielles pour des « pratiques déloyales » afin de dénoncer l’attitude de la Banque.

La seule banque syndiquée au pays est au coeur d’un plan de transformation qui s’est amorcé en 2016. L’institution financière souhaite entre autres n’offrir que des conseils dans son réseau de succursales d’ici la fin de l’année. Jusqu’à présent, la conversion a été effectuée dans 23 des 92 établissements de son réseau. Quelques centaines de postes ont été éliminés depuis le début du virage. « La direction espère conclure une entente au cours des prochaines semaines et a suggéré que certains coûts (d’un montant annuel avant impôt estimé à 10 millions) seraient éliminés en cas d’accord », a indiqué l’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, dans un rapport publié cette semaine.

Au cours d’un entretien avec La Presse canadienne plus tôt cette semaine, la directrice québécoise du SEPB, Kateri Lefebvre, a affirmé que l’employeur avait « menacé à plusieurs reprises », alors qu’il était à la table de négociation, d’imposer « un lockout ».

La plus récente restructuration de la Laurentienne avait été annoncée en même temps que le dévoilement de ses résultats du premier trimestre, alors que la Banque a fait part de résultats sous les attentes en raison d’un recul de ses profits nets et revenus. En éliminant environ 10 % de son effectif, la Banque, qui compte 3559 employés en équivalent temps plein, estime qu’elle devrait annuellement économiser entre 15 millions et 20 millions.