350 postes éliminés à la Banque Laurentienne

Selon la direction de la septième banque en importance au pays, la restructuration permettra d’économiser annuellement entre 15 millions et 20 millions.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Selon la direction de la septième banque en importance au pays, la restructuration permettra d’économiser annuellement entre 15 millions et 20 millions.

Le couperet tombe de nouveau à la Banque Laurentienne, qui sabre son effectif d’environ 10 % alors que les négociations visant à renouveler le contrat de travail d’environ 1200 syndiqués au Québec piétinent.

Cette restructuration, qui s’échelonnera sur 12 mois, a été annoncée mercredi par l’institution financière, qui a également dévoilé des résultats indiquant que ses profits ont plongé de 32 %.

La banque compte « rationaliser » 350 postes, essentiellement au Québec, liés à des fonctions administratives dans son secteur des services aux particuliers grâce à l’attrition, des départs anticipés à la retraite ainsi que des « réductions ciblées ». « Cette décision est conforme à notre plan de transformation et ne devrait surprendre personne », a expliqué le président et chef de la direction de la Laurentienne, François Desjardins, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes. Selon la direction de la septième banque en importance au pays, la restructuration permettra d’économiser annuellement entre 15 millions et 20 millions.

Dans le cadre de son virage amorcé en 2016, la Laurentienne souhaite n’offrir que des conseils dans ses succursales d’ici la fin de 2019. La conversion a été effectuée dans 23 des 92 établissements de son réseau.

Néanmoins, l’annonce a laissé un goût amer au Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ), qui dit attendre une « offre finale » de la part de l’employeur vendredi. Ses membres sont sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2017. « C’est vraiment déplorable, a lancé la directrice québécoise du SEPB, Katerie Lefebvre, au cours d’un entretien téléphonique. Depuis environ trois ans, le nombre de nos membres [à la Laurentienne] a fondu de près de moitié. »

Les négociations ont été acrimonieuses entre les deux parties et, selon le syndicat, l’employeur a « menacé à plusieurs reprises », alors qu’il était à la table de négociation, d’imposer « un lockout » aux syndiqués. Mme Lefebvre n’a pas voulu dire si elle s’attendait à un conflit de travail advenant le rejet d’une proposition finale.

Malgré les demandes effectuées par La Presse canadienne, la Laurentienne n’a pas voulu réagir aux déclarations de Mme Lefebvre et confirmer si une offre définitive était bel et bien sur le point d’être présentée. « Par respect pour le processus de négociation, nous ne commentons pas les discussions qui se déroulent lors de séances de médiation », a écrit une porte-parole, Hélène Soulard, par courriel. En échangeant avec les analystes, M. Desjardins a affirmé que l’impasse dans les négociations avait été une « distraction » pour les employés ainsi que la direction.

Quant à sa performance financière au premier trimestre terminé le 31 janvier, la Laurentienne a déçu en affichant un bénéfice net de 40,3 millions, ou 88 ¢ par action. L’institution a été affectée par la baisse des revenus tirés du secteur des marchés financiers. La volatilité des marchés à la fin de 2018 a pesé sur les résultats trimestriels de plusieurs banques canadiennes. Il s’agit du troisième trimestre de suite où la banque québécoise affiche un recul important de son bénéfice, a noté l’analyste Scott Chan, de Cannacord Genuity. « Nous considérons que ces résultats sont faibles, notamment avec des revenus en recul de neuf pour cent », a-t-il souligné dans une note envoyée à ses clients.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté de la Banque a été de 44,7 millions, ou 98 ¢ par action, en baisse de 29 % par rapport au premier trimestre de l’exercice 2017.