Les revenus augmentent et la pauvreté recule au Canada

Le taux de pauvreté chez les moins de 18 ans a été réduit de 11 % à 9 % en 2017. Cette proportion s’élevait encore à 14,5 % en 2013 et à 17,1 % en 2007.
Photo: IStock Le taux de pauvreté chez les moins de 18 ans a été réduit de 11 % à 9 % en 2017. Cette proportion s’élevait encore à 14,5 % en 2013 et à 17,1 % en 2007.

La vigueur du marché du travail et l’augmentation des prestations pour enfants du gouvernement Trudeau ont valu aux Canadiens une première hausse de revenu en trois ans et une réduction de la pauvreté.

Le revenu après impôt des ménages canadiens a augmenté de 3 % en 2017, a rapporté mardi Statistique Canada, passant d’une médiane de 57 900 $ par année à 59 800 $. Tenant compte de l’inflation, cette hausse était la première véritable augmentation du revenu net en trois ans.

L’amélioration « est principalement attribuable à une hausse du revenu annuel tiré des salaires », explique l’agence fédérale, « et témoigne de la croissance de l’emploi plus forte enregistrée en 2017 ». Mais pas seulement.

Elle découle aussi, poursuit-elle, du regroupement et de la bonification des programmes fédéraux de prestation pour enfants en une seule Allocation canadienne pour enfants mise en place par le gouvernement de Justin Trudeau en 2016 et qui a justement connu sa première année d’application complète en 2017. « Les couples avec enfants ont ainsi vu leurs prestations pour enfants médianes augmenter de 1200 $, tandis que les familles monoparentales ont reçu 1300 $ de plus en 2017 qu’en 2016. »

Sur une lancée depuis 2012, le revenu des ménages de personnes âgées a aussi augmenté de 4,3 % cette année-là, à la faveur, encore une fois, de l’augmentation de leurs salaires, mais aussi des revenus provenant de leurs régimes de retraite privés.

Diminution de la pauvreté

L’amélioration des revenus a notamment aidé à réduire sensiblement la pauvreté au pays, observe Statistique Canada. La proportion de Canadiens vivant sous le seuil de pauvreté — établi en fonction de la capacité d’acheter un panier de nourriture, des vêtements, de payer pour son logement, son transport et d’autres biens et services essentiels aux besoins de base — est en effet passée de 10,6 %, ou 3,74 millions de personnes, à 9,5 %, ou 3,41 millions de personnes, en un an.

Le progrès a été encore plus marqué pour les enfants, le taux de pauvreté chez les moins de 18 ans ayant été réduit de 11 % à 9 % en 2017. Cette proportion s’élevait encore à 14,5 % en 2013 et à 17,1 % en 2007. Le chemin parcouru en seulement une année est particulièrement impressionnant pour les enfants vivant dans des familles monoparentales ayant une femme à leur tête. Leur taux de pauvreté dépassait 41 % en 2013, était encore de 37 % en 2016, avant de tomber à 27 % l’année suivante. Là encore, note Statistique Canada à propos des familles monoparentales, « cette diminution étant associée à l’augmentation des prestations pour enfants ».

Un peu mieux loties que les autres, les personnes de 65 ans et plus affichent une tendance plus stable depuis cinq ans, mais ont tout de même amélioré leur sort, de 2016 à 2017, passant d’un taux de pauvreté de 4,9 % à 3,9 %.

Au Québec

Les ménages québécois affichaient en 2017 le revenu médian après impôt le plus faible des provinces canadiennes (52 400 $), à l’exception de la Nouvelle-Écosse (50 200 $), loin derrière l’Ontario (62 700 $), l’Alberta (70 300 $) ou la Colombie-Britannique (62 100 $), rapporte Statistique Canada. Ils ont néanmoins bénéficié de la deuxième plus forte augmentation de revenu cette année-là (4,2 %), après la Colombie-Britannique (7,6 %) et devant l’Ontario (4 %).

Une recherche rapide dans les données plus détaillées de Statistique Canada permet de constater que l’augmentation réelle totale de leur pouvoir d’achat a été de seulement 5 % sur cinq ans, contre une moyenne de 6 % au Canada et 7 % en Ontario. Le rythme de progression n’est pas meilleur, mais la comparaison se révèle un peu plus favorable lorsqu’on recule avant la crise, l’augmentation totale de revenu après impôt de 2007 à 2017 s’élevant à 10,5 % au Québec, une fois l’inflation prise en compte, contre une moyenne de 9,5 % au Canada et seulement 5,2 % en Ontario.

Le Québec s’en tire aussi un peu mieux que les autres sur le front de la pauvreté. À 9 % en 2017, son taux de pauvreté était légèrement inférieur à celui des moyennes canadienne (9,5 %) et ontarienne (10,2 %).

Ottawa se félicite

Le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas manqué, mardi, de se féliciter pour les progrès réalisés sous sa gouverne. « Lors des dernières élections, les Canadiens ont choisi entre l’austérité et les compressions des conservateurs et notre plan visant à investir dans la classe moyenne, a déclaré dans un courriel au Devoir le ministre des Finances, Bill Morneau. Nous avons fait des investissements ciblés et intelligents, et ce, de façon responsable. Les résultats parlent d’eux-mêmes. »

Son gouvernement a annoncé l’an passé son intention de se doter d’une « Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté » qui viendrait, entre autres, avec l’établissement d’un premier indicateur « officiel » de pauvreté et une cible de réduction de 20 % d’ici 2020, et de 50 % d’ici 2030, par rapport à 2015.