La Caisse de dépôt a confiance en SNC-Lavalin

Le potentiel de SNC-Lavalin est «impressionnant», soutient le patron de la Caisse de dépôt, Michael Sabia.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le potentiel de SNC-Lavalin est «impressionnant», soutient le patron de la Caisse de dépôt, Michael Sabia.

SNC-Lavalin fait face à la perspective d’un procès criminel et compose avec des problèmes coûteux sur un chantier en Amérique du Sud, mais l’entreprise présente toujours un avenir prometteur, a affirmé jeudi le patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La firme de génie-conseil a apporté des changements profonds à son conseil d’administration et à sa direction, et son « potentiel est impressionnant », a dit Michael Sabia, dont l’institution a augmenté sa participation dans l’entreprise à environ 20 % l’an dernier.

« Pour toute entreprise, et je ne parle pas seulement de SNC-Lavalin, se retrouver en situation d’incertitude est toujours difficile, pour les employés, pour les clients, etc. Nous allons être là », a dit M. Sabia lors d’une rencontre avec la presse dans le cadre de la publication du rendement annuel de la Caisse. Il n’a pas souhaité faire de commentaires portant précisément sur le spectre d’un procès.

 
4,2 %
C’est le rendement de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour 2018.

« Nous voulons être clairs pour les marchés de capitaux, pour les employés de la compagnie, les clients, que cette compagnie a comme partenaire financier [backer, en anglais] une organisation à la fois bien financée et experte. Ce partenaire, c’est la Caisse de dépôt et placement du Québec, a ajouté le président de la Caisse, arrivé à sa tête il y a bientôt 10 ans. Nous avons investi l’épargne de huit millions de Québécois dans 54 000 bonnes personnes. Et nous en sommes fiers. Nous n’allons pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous verrons comment les choses se déroulent. Mais ce que nous allons faire, c’est être un roc en appui à cette entreprise. »

Rendement annuel

La Caisse de dépôt et placement du Québec a enregistré un rendement de 4,2 % en 2018, une performance près de deux fois supérieure à son indice de référence qui s’explique en partie par la bonne tenue de ses investissements en immobilier et en infrastructures.

Le gestionnaire de caisse de retraite, dont l’actif net atteint maintenant 309,5 milliards, a cependant eu du fil à retordre en raison de l’année houleuse qui a marqué les marchés boursiers.

« En 2018, notre stratégie d’investissement a été mise à l’épreuve, c’est évident », a affirmé M. Sabia. Pour la première fois depuis plusieurs années, « les marchés boursiers mondiaux ont terminé en territoire négatif en raison du début de la normalisation des politiques monétaires, de l’escalade tarifaire et des incertitudes politiques ». Parmi les impondérables figurent la situation politique en France et en Allemagne, l’élection d’un nouveau président au Brésil, la crise politique en Italie, etc.

Le portefeuille de référence auquel la Caisse compare son rendement est de 2,4 %, l’écart entre les deux ayant fourni une « valeur ajoutée » de 5,3 milliards. Sur cinq ans, les divers placements de l’institution ont généré un gain moyen de 8,4 %, comparativement à un indice de référence de 7,1 %. En 2017, la Caisse avait enregistré un rendement de 9,3 %.

Trois portefeuilles

Sur l’actif net de 309,5 milliards, 151,2 milliards se trouvent dans le portefeuille d’actions, ce qui inclut les investissements sur les marchés boursiers et les placements privés au sein d’entreprises. Celui du revenu fixe atteint désormais 94,3 milliards, alors que celui des actifs réels, composé d’immobilier et d’infrastructures, est de 61 milliards.

Ce portefeuille d’actifs réels a enregistré un gain de 9 % et jouit, selon la Caisse, d’un « intérêt élevé de la part des investisseurs ». « Cet intérêt s’explique par plusieurs facteurs, notamment les faibles taux d’intérêt, la volatilité moindre par rapport à d’autres catégories d’actif, de même que la stabilité des flux monétaires et la protection contre l’inflation qu’ils procurent », a indiqué l’organisation dans ses documents de synthèse. L’année 2018 a notamment été marquée par des investissements en Colombie et au Mexique.

La Caisse a des investissements dans 775 sociétés québécoises, dont 685 sont de petites et moyennes entreprises. Son actif total au Québec se situe à 63,8 milliards.

L’institution gère l’argent de 41 déposants, lesquels sont à la fois des caisses de retraite, des régimes d’assurance et des organismes du secteur public. Un de ses plus gros clients, le Régime de rentes du Québec, a indiqué jeudi que son propre rendement a atteint 4,2 % en 2018. Le rendement qu’il prévoit pour les 50 prochaines années est de 6,7 %, selon une analyse actuarielle de 2015.

Fin de mandat pour Sabia

En entrevue à RDI économie jeudi soir, Michael Sabia a souligné qu’il quittera la direction de la Caisse à la fin de son mandat, prolongé jusqu’au 31 mars 2021.