Les négociations entre Washington et Pékin avancent à petits pas

Le représentant au Commerce américain, Robert Lighthizer, et le vice-premier ministre chinois, Liu He, à Beijing, vendredi
Photo: Mark Schiefelbein Pool Agence France-Presse Le représentant au Commerce américain, Robert Lighthizer, et le vice-premier ministre chinois, Liu He, à Beijing, vendredi

Les États-Unis et la Chine affirment progresser dans leurs négociations de paix commerciale, mais se disent toujours opposés sur des questions « importantes » et « difficiles » alors qu’approche rapidement la date butoir fixée par le président américain.

Les représentants des deux principales puissances économiques mondiales se sont séparés vendredi après une semaine de négociations à Pékin ayant conduit à « d’importants progrès intérimaires », selon l’agence de presse officielle chinoise Xinhua. Ils doivent se retrouver dès la semaine prochaine pour poursuivre leur travail à Washington dans l’espoir d’arriver à une entente avant le 2 mars, sans quoi les États-Unis menacent de reprendre l’escalade de leurs tarifs douaniers.

« Il reste du travail à faire, mais nous sommes optimistes », a déclaré le chef de la délégation américain, le représentant au Commerce Robert Lighthizer, en présence du président chinois, Xi Jinping, avant de préciser que la tâche qui reste à abattre porte sur « certaines questions très, très importantes et très difficiles ».

Comme souvent, son patron ne s’est pas montré plus clair à Washington, Donald Trump déclarant que les négociations entre les deux pays se passent « extrêmement bien », avant d’ajouter « Dieu sait ce que ça veut dire » et de conclure en disant : « Nous sommes plus proches que nous ne l’avons jamais été de conclure un véritable accord. »

Semblant confirmer une information qui a commencé à circuler cette semaine, le président américain a évoqué la possibilité de prolonger au-delà du 2 mars la pause dans l’escalade de ses tarifs douaniers contre la Chine convenue avec son homologue chinois lors du sommet du G20 à Buenos Aires à la fin novembre. Sans cette pause, les États-Unis auraient fait passer de 10 % à 25 % les droits de douane qu’ils se sont mis à appliquer l’an dernier sur 200 milliards d’importations annuelles de produits chinois, ce à quoi Pékin a répliqué par des tarifs de son propre cru sur 110 milliards d’importations de biens américains.

Le locataire de la Maison-Blanche a aussi rappelé qu’il devrait finir par rencontrer Xi Jinping « pour régler en tête à tête directement les problèmes qui subsistent ». La date et le lieu de cette rencontre restent toutefois à déterminer.

Engagements écrits

Selon Washington, les négociateurs des deux pays ont convenu cette semaine d’en arriver à un « mémorandum » qui permettrait aux Américains de vérifier le respect par la Chine de ses futurs engagements. Le gouvernement Trump a signé l’an dernier la même sorte d’accords écrits, d’environ 400 mots, avec l’Union européenne ainsi qu’avec le Japon où les parties s’engageaient à réduire les obstacles au libre-échange entre elles, mais sans que les États-Unis lèvent pour autant leurs nouveaux tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium.

Face à la Chine, le gouvernement Trump en a notamment contre le déficit commercial américain, le transfert forcé de technologies, la violation de la propriété intellectuelle, le piratage informatique, la fermeture de pans entiers du marché intérieur chinois et le traitement de faveur offert aux sociétés d’État.

Disposée à aider les États-Unis à réduire leur déficit commercial, la Chine leur aurait entre autres proposé de leur acheter plus de produits agricoles et de puces électroniques. Par contre, Pékin resterait réticent sur les autres questions se limitant, par exemple, à réitérer son offre d’une modeste ouverture de ses marchés financier et automobile.

L’annonce de la poursuite des négociations entre les deux géants a néanmoins réjoui les marchés financiers, vendredi, les Bourses de New York (+1,1 %), Londres (+ 0,6 %), Paris (+ 1,8 %), Francfort (+1,9 %) et Toronto (+ 0,9 %) clôturant toutes la journée à la hausse. Portées, elles aussi, cette semaine, par les négociations en cours, les Bourses chinoises de Hong Kong et Shanghai ont perdu, quant à elles, plus de 1 % vendredi, plombées par la publication de nouvelles statistiques sur le ralentissement économique en Chine.

Avec l'Agence France-Presse et le Wall Street Journal