Fermetures d’usines à Bécancour et Victoriaville

L’annonce de la direction, faite au syndicat des Métallos mardi, toucherait de 50 à 60 travailleurs à l’usine de Bécancour et de 30 à 40 autres à Victoriaville.
Photo: iStock L’annonce de la direction, faite au syndicat des Métallos mardi, toucherait de 50 à 60 travailleurs à l’usine de Bécancour et de 30 à 40 autres à Victoriaville.

Produits laminés Sural Canada et Sural Québec, spécialisées notamment dans les tiges d’aluminium pour usage électrique, ont décidé de recourir à la protection des tribunaux et suspendront leurs activités dans leurs deux centres de production situés au Québec.

L’annonce de la direction, faite au syndicat des Métallos mardi, toucherait de 50 à 60 travailleurs à l’usine de Bécancour et de 30 à 40 autres à Victoriaville. Touchée par les tarifs américains sur l’aluminium et l’acier, Sural est aussi une cliente de l’aluminerie ABI, à Bécancour.

Les Métallos, qui espèrent une restructuration plutôt qu’une faillite pure et simple, affirment qu’ils suivront la situation afin que les syndiqués obtiennent les montants qui leur sont dus, notamment les « vacances accumulées, les paies en suspens ainsi que toute autre somme due à titre d’indemnité de cessation d’emploi ».

« Des vérifications seront faites au cours des prochains jours quant au niveau de capitalisation du régime de retraite », a ajouté le syndicat. Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de la direction. « On savait que ça n’allait pas bien. On pensait qu’ils allaient se relever à un moment donné, mais ça n’a pas fonctionné », a dit en entrevue le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Le site Internet canadien de Sural mentionne que l’entreprise a été fondée au Venezuela et que sa présence au Québec remonte à 1993. L’usine de Bécancour a appartenu à Alcoa jusqu’en 2014. Le Québec est « l’un des principaux producteurs mondiaux d’aluminium primaire, ce qui lui donne accès à de multiples sources stables d’approvisionnement d’aluminium de grande qualité », peut-on y lire.

L’usine ABI, dont Alcoa est l’actionnaire majoritaire, a mis ses propres employés syndiqués en lockout en janvier 2018 et fonctionne au ralenti grâce au travail des cadres. Selon des propos du député caquiste Donald Martel rapportés dans Le Nouvelliste la semaine dernière, ABI devait toutefois composer avec des « retards de paiement » et « pour que l’ABI puisse continuer de les desservir, il faut qu’ils paient avant ». La compagnie venait alors d’annoncer, à l’interne, un arrêt temporaire de ses activités à Bécancour, selon le quotidien.

En entrevue au Journal de Montréal en juin 2018, la direction de Sural avait expliqué tout le fil à retordre que lui donnaient alors les tarifs douaniers décrétés par le gouvernement Trump. « Toutes les options sont sur la table. C’est certain qu’on ne peut pas absorber les tarifs, alors on va prendre les mesures qu’il faut pour assurer la rentabilité », avait alors affirmé le directeur des finances.

Selon le rapport annuel 2017-2018 d’Investissement Québec, Produits laminés Sural Canada et Sural Québec inc. lui devaient respectivement 6,3 millions $US et 19,6 millions de dollars canadiens au 31 mars 2018. Créancière garantie, IQ a précisé au Devoir qu’à cela s’ajoutent des intérêts.