Les échanges É.-U.–Chine reprennent avant la «tempête»

Robert Lighthizer, représentant au Commerce des États-Unis, le 30 janvier dernier
Photo: Andrew Harnik Associated Press Robert Lighthizer, représentant au Commerce des États-Unis, le 30 janvier dernier

Chinois et Américains ont repris lundi leurs négociations commerciales alors que le FMI a mis en garde contre une « tempête » sur l’économie mondiale liée en partie aux hausses de droits de douane décidées par les deux géants mondiaux.

À moins de trois semaines de l’échéance fixée par le président américain, Donald Trump, avant une nouvelle salve de sanctions commerciales contre la Chine, son représentant adjoint au Commerce, Jeffrey Gerrish, a entamé à Pékin des discussions préliminaires. M. Gerrish, qui avait déjà engagé des négociations début janvier dans la capitale chinoise, a quitté son hôtel de Pékin en début de journée, sans aucune déclaration à la presse.

Ces tractations doivent précéder des discussions jeudi et vendredi à Pékin avec les hauts responsables de la négociation : le représentant pour le Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, côté américain et, côté chinois, le vice-premier ministre, Liu He, et le gouverneur de la banque centrale, Yi Gang.

Comme début janvier, Washington a profité des discussions pour faire transiter deux contre-torpilleurs en mer de Chine méridionale, zone stratégique considérée par Pékin comme ses eaux territoriales et qui voit passer près du tiers du commerce mondial. Pékin a réagi lundi, accusant les États-Unis de chercher « à provoquer des troubles ».

Beaucoup de travail

Les discussions commerciales font suite à celles organisées le mois dernier à Washington, qui ont donné lieu à un entretien entre Liu He et Donald Trump. Après un regain d’optimisme à la suite de ces négociations, Washington a soufflé le froid la semaine dernière, le gouvernement Trump assurant qu’il y avait « encore beaucoup de travail » avant que les deux premières puissances économiques du monde parviennent à surmonter leurs multiples différends.

Donald Trump, qui avait annoncé une réunion avec le président chinois, Xi Jinping, « dans un avenir proche », a même indiqué qu’il n’avait pas prévu de le rencontrer avant l’échéance de début mars.

Lors d’un entretien début décembre en Argentine, les deux présidents se sont fixé cette échéance pour parvenir à un règlement négocié. Passé cette date, des droits de douane frappant l’équivalent de 200 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles aux États-Unis seront portés de 10 % à 25 %.

La perspective d’une aggravation de la guerre commerciale pèse sur les marchés financiers mondiaux, qui redoutent ses conséquences pour l’économie mondiale.

Elle inquiète aussi Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui a mis en garde dimanche à Dubaï contre une éventuelle « tempête » économique mondiale.