Devant les problèmes persistants de trains en Suisse, Bombardier s’excuse

Bombardier avait décroché en 2010 un contrat de 2,12 milliards de dollars canadiens auprès des Chemins de fer fédéraux suisses pour la livraison de 59 rames de trains.
Photo: Kabelleger / David Gubler CC Bombardier avait décroché en 2010 un contrat de 2,12 milliards de dollars canadiens auprès des Chemins de fer fédéraux suisses pour la livraison de 59 rames de trains.

Les Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) et Bombardier signalent qu’il faudra patienter avant que les livraisons puissent reprendre dans le cadre d’un important contrat qui prend une tournure politique en Suisse.

En marge d’une rencontre avec la commission des transports du Conseil national, l’entreprise ferroviaire et la multinationale québécoise ont présenté lundi des excuses pour leur incapacité à offrir aux usagers des trains qui répondent aux attentes. « Il faudra encore du temps jusqu’à ce que ce train réponde en tout point aux attentes élevées de la clientèle suisse », ont fait valoir les CFF et Bombardier dans une déclaration commune.

La Commission exige une analyse approfondie sur la gouvernance et les risques financiers, indiquaient les médias locaux. Les trains doivent être adaptés le plus rapidement possible dans l’intérêt des clients, a souligné la présidente de la commission lors d’un point presse à Bernes. « Les problèmes sont survenus, car trop peu de tests ont été menés à cause de retards dans les livraisons. Il y a donc eu des maladies de jeunesse et des problèmes de software », a écrit le quotidien suisse 20 minutes.

Le patron des CFF, Andreas Meyer, et Laurent Troger, de Bombardier Transport, ont présenté leurs excuses aux clients. Ils mettent tout en oeuvre pour résoudre les problèmes techniques, ajoute le quotidien. « Devant les médias, Andreas Meyer a parlé d’une “naissance aux forceps”», poursuit le quotidien. Il est rappelé qu’en janvier, M. Meyer accusait Bombardier d’être à l’origine des problèmes. Pour sa part, Bombardier assurait que les problèmes sont aussi liés au réseau ferroviaire. L’entrée en service des 12 premières rames, en décembre, a été marquée par des problèmes entourant les portes des trains, leur fiabilité ainsi que pour le confort des passagers. Évoquant des problèmes de logiciels et des pépins liés au système de porte, l’entreprise helvète a décidé de cesser d’accepter les nouveaux trains.

Des retards

Bombardier avait décroché en 2010 un contrat de 2,12 milliards de dollars canadiens auprès des CFF pour la livraison de 59 rames de trains. Le contrat a toutefois été marqué par les retards, puisque les premières livraisons, qui devaient débuter en 2013, n’ont eu lieu que l’an dernier. Cela avait notamment incité Bombardier à offrir trois rames supplémentaires à son client en 2014 en guise de dédommagement.

Ce contrat est assorti « d’amendes dépassant l’ordinaire ». « Il y a encore des questions d’ordre commercial en suspens, ont indiqué les deux parties. Nous les tirerons au clair ultérieurement. » Un porte-parole de Bombardier, Thomas Schmidt, n’a pas voulu s’avancer sur un échéancier quant à la reprise des livraisons ni sur d’éventuelles pénalités en raison des retards. Andreas Mayer a ajouté qu’une demande de dédommagements n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant.

Les CFF font partie des sociétés de transport ayant refusé des livraisons de la part de la compagnie québécoise en raison de problèmes. Des situations similaires sont aussi survenues en France ainsi qu’à New York. Les livraisons ont toutefois repris à New York.

La semaine dernière, Bombardier a annoncé que le dirigeant de sa division ferroviaire, Laurent Troger, démissionnait après un peu plus de trois ans en poste. Il a été remplacé par Danny Di Perna, âgé de 53 ans. Chez Bombardier depuis 2018, Danny Di Perna dirigeait le secteur d’activité Aérostructures et Services d’ingénierie. « Ses succès en matière d’efficacité opérationnelle, d’amélioration de la qualité et de satisfaction de la clientèle en font le candidat idéal pour succéder à Laurent Troger et accélérer la transformation de Bombardier Transport », avait précisé Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier.

Avec Le Devoir