Belle surprise sur le front de l’emploi en janvier

Le Canada a gagné en 12 mois un total de 327 000 emplois équivalant à une hausse de 1,8 %, dont 38 000 emplois (+ 0,9 %) au Québec.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Le Canada a gagné en 12 mois un total de 327 000 emplois équivalant à une hausse de 1,8 %, dont 38 000 emplois (+ 0,9 %) au Québec.

L’année a commencé en force dans le marché de l’emploi au Québec et au Canada, rapporte Statistique Canada.

L’augmentation, au mois de janvier, du nombre de chercheurs d’emploi n’a pas empêché une légère diminution d’un taux de chômage déjà bas au Québec, de 5,5 % à 5,4 %. L’addition de plus de 16 000 emplois durant le mois s’est principalement faite au profit d’emplois à temps plein dans le secteur privé et au détriment du nombre de travailleurs autonomes.

Cette bonne tenue du Québec, alliée à la bonne performance de l’Ontario (+ 41 000 emplois), a plus que compensé la poursuite des difficultés de l’Alberta (– 15 500 emplois) pour permettre au Canada d’enregistrer la création nette de presque 67 000 emplois. Ce résultat s’est révélé une heureuse surprise pour les analystes et les marchés, qui s’attendaient à un bien plus modeste gain de seulement 5000 emplois, après une pauvre récolte de 8000 emplois le mois précédent. L’essentiel de la progression a eu lieu chez les jeunes de 15 à 24 ans et dans les secteurs de services, a expliqué vendredi Statistique Canada au moment de dévoiler les chiffres.

Comme au Québec, cette belle création d’emplois au Canada s’est accompagnée d’une augmentation du nombre de personnes à la recherche de travail avec, cette fois, pour résultat une légère hausse du taux de chômage de 5,6 % à 5,8 %.

Le Canada a ainsi gagné en 12 mois un total de 327 000 emplois équivalant à une hausse de 1,8 %, dont 38 000 emplois (+ 0,9 %) au Québec.

Les mesures du succès

Prenant garde d’accorder trop d’importance aux résultats d’un seul mois, les analystes se sont quand même réjouis de cette belle nouvelle inattendue et n’ont pas manqué de souligner chacun à leur façon la belle vigueur du marché du travail ces derniers mois ainsi que la qualité des emplois créés. La seule ombre au tableau : les salaires, qui n’ont augmenté en 12 mois que de 1,8 %, soit un peu mieux que le 1,5 % enregistré au mois décembre, mais toujours moins que l’indice des prix à la consommation (2 %).

L’économiste de la Banque TD, Brian DePratto, souligne notamment la forte proportion des personnes de 25-54 ans qui sont présentes sur le marché du travail (taux de participation) et qui occupent effectivement un emploi (taux d’emplois). Respectivement de 88 % et 83 % au Canada, ces proportions sont encore plus fortes au Québec à presque 90 % de taux de participation et plus de 85 % de taux d’emplois.

La réduction du nombre de travailleurs autonomes au Canada sera généralement perçue comme un recul de la précarité du marché du travail, a remarqué Benoit P. Durocher, économiste au Mouvement Desjardins. « Cette amélioration peut sans doute s’expliquer en partie par la pénurie de main-d’oeuvre actuellement observée dans plusieurs régions et secteurs », dit-il. L’amélioration de la situation se voit également dans la mesure élargie du taux de chômage, qui inclut aussi dans le décompte les chercheurs d’emploi découragés ou en attente ainsi que les travailleurs à temps partiel involontaires, et qui est passé en trois ans de 10 % à 8,1 %.

Canada contre États-Unis

Statistique Canada s’est prêtée elle aussi, vendredi, au jeu des outils de mesures alternatives. Pour ceux qui voudraient comparer l’état du marché du travail au Canada avec celui des États-Unis, l’agence a laissé, une minute, son approche habituelle basée sur des enquêtes auprès des ménages pour la remplacer par des chiffres tirés d’enquêtes auprès des entreprises comme le fait le département américain du Travail. Plutôt que 5,8 % selon la méthode habituelle, le taux de chômage au Canada se serait établi ainsi à 4,8 % en janvier, contre 4 % aux États-Unis.

Ce retard du Canada serait attribuable, au moins en partie, à une plus forte proportion de sa population qui est active sur le marché du travail, avec un taux de participation ajusté aux critères américains de 65,6 %, contre 63,2 aux États-Unis. En effet, selon ces mêmes critères, le Canada affichait, le mois dernier, une proportion d’adultes occupant un emploi non pas inférieure, mais supérieure à celle de son immense voisin au Sud, à raison d’un taux d’emploi de 62,5 % contre 60,7 %.