Pierre Karl Péladeau veut analyser le dossier de Téo Taxi

Le président de Québecor parle d’une «initiative personnelle».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de Québecor parle d’une «initiative personnelle».

L’idée de Téo Taxi « est très bonne », a affirmé mardi l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau en confirmant son intention d’analyser le dossier pour déterminer la faisabilité d’une reprise.

Le président de Québecor, qui parle d’une « initiative personnelle », souhaite d’abord colliger l’information des différents acteurs impliqués dans l’entreprise fondée par Alexandre Taillefer, laquelle a fermé ses portes la semaine dernière.

« C’est malheureux, ce qui s’est produit, mais l’idée est très bonne », a dit M. Péladeau au sujet de Téo, dont le modèle d’affaires reposait notamment sur des voitures électriques, des chauffeurs salariés et une application mobile dernier cri.

Téo comptait environ 450 chauffeurs, récemment syndiqués, et une flotte de près de 200 voitures comprenant notamment des Soul (Kia), des Leaf (Nissan) et des Tesla. Le projet avait notamment séduit la Caisse de dépôt et placement du Québec, le ministère des Transports et le Fonds FTQ.

« C’est important d’agir relativement rapidement [dans l’analyse], et c’est ce que j’ai l’intention de faire », a dit M. Péladeau aux journalistes en marge d’un dîner causerie du Conseil des relations internationales de Montréal. Il est trop tôt pour dire de quelle manière une reprise des actifs se ferait, si reprise il y avait.

C’est malheureux, ce qui s’est produit, mais l’idée est très bonne

Invité à dire s’il a un échéancier, M. Péladeau a dit que cela dépendra « de la capacité des différents intervenants de procurer l’information ». Ce groupe d’intervenants comprend par exemple ceux spécialisés dans la location de voitures, les créanciers principaux et les détenteurs de permis.

Pour expliquer ce qui ne fonctionnait pas chez Téo, la direction de Taxelco a entre autres évoqué la réglementation. Elle aurait aimé avoir la possibilité d’utiliser une tarification modulable. M. Péladeau a dit que toutes les entreprises « qui s’engagent à construire l’économie du Québec » devraient être traitées de façon équitable, mentionnant au passage la société étrangère Uber. Celle-ci est connue pour ses prix qui peuvent changer en fonction de la demande.

L’intérêt de M. Péladeau a d’abord été éventé mardi matin par Mario Dumont à QUB Radio, une propriété de Québecor. Joint par La Presse canadienne, le fondateur de Téo Taxi, Alexandre Taillefer, a plus tard indiqué dans une déclaration écrite qu’il souhaite « de tout coeur qu’une équipe aguerrie puisse relancer cet important projet » et qu’il se « croise les doigts pour que cette rumeur se concrétise ».

Dette

Téo Taxi a fermé ses portes en raison d’une insuffisance de capitaux pour poursuivre ses activités. L’actionnaire majoritaire de sa société mère, Taxelco, est XPNDCroissance. Les deuxième et troisième actionnaires de Taxelco sont la Caisse de dépôt et placement et le Fonds de solidarité FTQ. XPNDCroissance est liée à XPND Capital, la société d’investissement de M. Taillefer et de son associé Dominic Bécotte.

La fermeture de Téo n’a pas d’impact sur les deux autres entités de transport de Taxelco que sont Taxi Diamond et Taxi Hochelaga.

La dette globale de Téo s’élevait à environ 25 millions, dont 10 millions à la Banque Nationale, selon un document déposé par l’institution vendredi dernier en Cour supérieure du Québec. Téo doit aussi 1,7 million à la société de financement FinTaxi, mise sur pied par le Fonds FTQ dans les années 2000.

La Cour a accepté la demande de la Banque Nationale consistant à nommer le cabinet Richter comme contrôleur de Téo. Richter a maintenant le mandat d’entamer un « processus de sollicitation d’investissement et de vente », ce qui pourrait inclure des injections de capitaux additionnelles, de nouveaux partenariats ou une vente des actifs. Le cabinet voudrait conclure ce processus d’ici la fin du mois de mars.