Les REER: pour qui, pourquoi?

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Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En début d’année, le sujet des REER refait invariablement surface, et pour cause. En 2014, un sondage réalisé par la Fédération de l’âge d’or du Québec révélait qu’un retraité sur deux comptait retourner sur le marché du travail en raison d’un manque de liquidités. De plus, selon les données recueillies par Statistique Canada, le taux d’épargne des ménages québécois peine à franchir la barre des 5 %.

« C’est très peu comparativement à certains pays d’Asie, par exemple, où ce taux atteint 30, 40 ou même 50 % des revenus », commente d’entrée de jeu Jean- Philippe Joncas, fiscaliste en planification fiscale et successorale à l’Industrielle Alliance. L’organisme de référence Question Retraite rapporte pour sa part que 45 % des travailleurs de 25 à 44 ans ignorent la somme qu’il leur faudrait épargner pour maintenir leur niveau de vie à la retraite.

Toujours d’après Statistique Canada, seulement six Québécois sur dix déclarent se préparer à la retraite grâce à un plan d’épargne personnel ou à un régime de pension offert par leur employeur. Assurément l’un des programmes les plus connus, le REER suscitait, en 2016, l’adhésion d’environ 24 % des contribuables de la Belle Province. Si, au fil des ans, le nombre de ses cotisants demeure stable, que savons-nous précisément du REER ?

Comment fonctionne un REER?

Rappelons d’abord que l’objectif du REER consiste à faire croître ses avoirs à l’abri de l’impôt tout en bénéficiant (habituellement) d’un remboursement en contrepartie des cotisations versées. Tant que les sommes placées dans le régime y restent, aucun impôt n’est prélevé, c’est-à-dire en principe jusqu’au moment de la retraite. À cette étape, comme les revenus d’une personne sont souvent moins élevés, le taux d’imposition le sera aussi.

Qui peut cotiser à un REER ? Tout individu qui gagne un revenu au Canada et qui est âgé de 71 ans et moins au 31 décembre de l’année en cours. Les revenus admissibles sont les suivants : revenus nets d’emploi, d’entreprise, de loyers, certaines prestations d’invalidité, de même que les pensions alimentaires reçues. Le fait de participer à un régime offert par son employeur influe évidemment sur la somme qu’il est possible de verser dans son REER.


Exemples à l’appui…

1. La somme versée dans un REER est déduite du revenu total du contribuable, ce qui a pour effet de réduire son revenu imposable. Une personne qui gagne 50 000 $, verse 5000 $ dans un REER et en réclame la déduction paie de l’impôt comme si elle avait gagné 45 000 $.

2. Jacques et Julie investissent chacun un total de 45 000 $ dans leur REER. Jacques verse 1500 $ par année dès l’âge de 25 ans et le fera pendant 30 ans. Julie attend quant à elle le début de la quarantaine et verse 3000 $ par an pendant 15 ans. En supposant un rendement annuel de 6,5 %, Jacques aura atteint une valeur de 129 562 $ à 55 ans, alors que la somme cumulée par Julie sera de seulement 72 547 $.