La baisse des ventes de iPhone signale le début d’un nouveau chapitre pour Apple

L’action Apple a perdu un tiers de sa valeur en moins de quatre mois, effaçant environ 370 milliards $US de sa valeur boursière.
Photo: Mary Altaffer Associated Press L’action Apple a perdu un tiers de sa valeur en moins de quatre mois, effaçant environ 370 milliards $US de sa valeur boursière.

Apple espérait contrebalancer le ralentissement de la demande pour ses iPhone en augmentant les prix de son produit le plus important, mais cette stratégie semble s’être retournée contre elle, puisque les ventes se sont affaissées pendant la période des Fêtes, notamment en Chine, le premier marché mondial pour les téléphones intelligents.

Le directeur général Tim Cook, qui est en contact régulier avec le président américain, Donald Trump, a toutefois dit à Reuters espérer une détente sur le front des tensions commerciales sino-américaines.

Le chef de la direction du géant américain de l’informatique doit maintenant affronter le défi le plus difficile qu’il ait rencontré depuis qu’il a remplacé le cofondateur Steve Jobs, il y a sept ans et demi. Même s’il essaie d’augmenter les ventes du iPhone, M. Cook doit également prouver qu’Apple peut encore prospérer même si la demande ne rebondit pas.

Cela s’annonce comme une bataille difficile, étant donné que l’action Apple a perdu un tiers de sa valeur en moins de quatre mois, effaçant environ 370 milliards $US de sa valeur boursière.

Le défi de M. Cook a pris son envol mardi avec la publication du rapport sur les résultats trimestriels d’Apple, quatre semaines après la publication d’un avertissement qui a eu l’effet d’une bombe pour les investisseurs de Wall Street. Apple avait alors prévenu qu’elle raterait ses propres prévisions de chiffre d’affaires pour la première fois en quinze ans — soit l’époque où le iPod commençait tout juste à transformer la société. « C’est le moment décisif pour M. Cook », a estimé Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities. « Il a perdu de la crédibilité à Wall Street, alors il devra maintenant nous prendre par la main pendant cette incursion dans un nouveau chapitre. »

Les résultats pour le trimestre d’octobre à décembre étaient légèrement supérieurs aux attentes des analystes, qui avaient été abaissées après l’avertissement du 2 janvier. Les bénéfices ont légèrement reculé à 20 milliards, tandis que les revenus ont chuté de 5 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 84 milliards.

 

Faille de sécurité de FaceTime

Apple, qui cherche à se présenter comme le champion de la sécurité et de la vie privée, est pris à revers par la découverte d’une faille permettant d’espionner les utilisateurs de FaceTime, son application d’appels vidéo. Le géant du numérique américain a été contraint d’annoncer lundi soir aux États-Unis qu’il suspendait la fonctionnalité « d’appels de groupe » de FaceTime, le temps qu’une mise à jour du système d’exploitation mobile iOS (utilisé notamment par les téléphones intelligents et les tablettes de la marque à la pomme) puisse être diffusée à tous ses utilisateurs. La raison de cette suspension ? Des utilisateurs de FaceTime ont découvert qu’avec cette fonctionnalité permettant à plusieurs personnes de discuter ensemble par vidéo, il était possible d’écouter, voire de filmer à leur insu certains utilisateurs. Selon certains experts, des failles de sécurité comme celle dont a été victime FaceTime sont presque inévitables, ou en tout cas extrêmement difficiles à prévenir. « Le problème est celui des applications auxquelles on ajoute sans cesse des fonctionnalités de plus en plus complexes », explique Gerome Billois, spécialiste en cybersécurité du cabinet Wavestone. Plus le nombre de fonctionnalités augmente « et plus il y a de chances que survienne un scénario étrange auquel personne n’avait pensé ».

La déception du dernier trimestre a intensifié l’attention portée aux prévisions d’Apple pour les trois premiers mois de l’année, alors que les investisseurs tentaient de mieux comprendre les ventes de iPhone d’ici la sortie des prochains modèles à l’automne. Apple a prédit que ses revenus pour la période de janvier à mars se situeraient entre 55 milliards et 59 milliards. Les investisseurs ont réagi positivement, faisant grimper les actions d’Apple de plus de 4 % dans les transactions d’après-séance. Les résultats ont été publiés après la fermeture des marchés boursiers.

Apple compte maintenant 360 millions d’abonnés à ses services et à des services de tiers, et il vise un objectif de 500 millions d’ici la fin 2020, souligne l’agence Reuters. Le groupe recense aussi 1,4 milliard d’appareils actifs, soit une hausse de 100 millions en un an, dont 900 millions sont des iPhone.


Avec Le Devoir