EDC délaisse le charbon

Au cours de la prochaine année, l’agence s’emploiera à mettre au point une évaluation complète des émissions de carbone provenant de ses investissements.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne Au cours de la prochaine année, l’agence s’emploiera à mettre au point une évaluation complète des émissions de carbone provenant de ses investissements.

La Banque de développement des exportations du Canada se retire complètement du secteur du charbon, mais continuera à financer le secteur pétrolier et gazier pendant que le monde effectue sa transition vers des sources d’énergie plus propres. En vertu de la nouvelle politique sur les changements climatiques d’Exportation et développement Canada (EDC), l’agence qui aide les entreprises du pays à se développer à l’international n’accordera plus aucun financement pour les projets liés au charbon thermique. L’agence a réduit son soutien aux projets de charbon thermique en 2017 sur l’avis de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Elle a cependant continué à financer certains projets dans les pays en développement en faisant valoir que le charbon était parfois le moyen le moins coûteux et le plus efficace de produire de l’électricité dans les pays qui en ont désespérément besoin.

Consultations

La nouvelle politique a été élaborée dans la foulée de consultations avec les clients, les membres du conseil, les employés et certains groupes externes, y compris des lobbyistes du secteur de l’environnement. Une grande partie des conseils recommandait d’harmoniser le travail d’EDC avec les politiques du gouvernement fédéral, notamment l’engagement du Canada de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris sur les changements climatiques et de son partenariat avec le Royaume-Uni pour tenter délaisser le monde de l’énergie au charbon.

L’alliance Énergiser au-delà du charbon engage les pays développés à éliminer le charbon en tant que source d’énergie d’ici 2030 et à aider le reste du monde à le faire d’ici 2050.

La nouvelle politique d’EDC permettra toujours d’investir dans le secteur du pétrole et du gaz naturel, une industrie qui représentait un cinquième des exportations canadiennes en 2017 et un dixième des exportations et des investissements internationaux auxquels EDC contribue. La politique précise que, même si la transition vers une économie à plus faible teneur en carbone est en cours, « une utilisation responsable et efficace des combustibles fossiles continuera de faire partie de cette transition ». Au cours de la prochaine année, l’agence s’emploiera à mettre au point une évaluation complète des émissions de carbone provenant de ses investissements et se fixera des objectifs en 2020 pour réduire l’intensité en carbone de l’ensemble de son portefeuille.

En novembre, un rapport du groupe de pression Oil Change International indiquait qu’entre 2012 et 2017, EDC avait apporté un soutien financier de 62 milliards aux sociétés pétrolières et gazières, soit plus de 12 fois les 5 milliards offerts au secteur des technologies propres. Le rapport recommandait à EDC de ne plus financer le pétrole et le gaz naturel à compter de 2020.