Trois syndicats se livrent une partie de bras de fer à la SQDC

Vendredi dernier, la CSN avait échoué dans sa tentative de syndiquer l’ensemble des travailleurs de la SQDC.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Vendredi dernier, la CSN avait échoué dans sa tentative de syndiquer l’ensemble des travailleurs de la SQDC.

C’est au tour du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) de déposer une requête pour syndiquer l’ensemble des travailleurs de la Société québécoise du cannabis (SQDC) qui n’étaient pas déjà visés par une requête en accréditation.

Vendredi dernier, la CSN avait échoué dans sa tentative de syndiquer l’ensemble des travailleurs de la SQDC. Le Tribunal administratif du travail avait rejeté sa requête parce qu’elle n’avait pas obtenu une majorité de cartes d’adhésion à son syndicat.

Et il n’avait pas ordonné de vote des travailleurs non plus, parce que la CSN n’avait pas atteint le seuil minimum de 35 % d’adhésion qui est nécessaire pour ordonner un tel vote.

Cette fois, c’est le SCFP, affilié à la FTQ, qui a déposé une requête en accréditation globale pour les travailleurs de plusieurs succursales, ainsi que des requêtes distinctes pour syndiquer les travailleurs par établissement, dans ceux de Lévis, Lebourgneuf, Drummondville et Saint-Jean-sur-Richelieu. Cette requête globale toucherait au minimum cinq succursales, soit pour le moment les quatre pour lesquelles le SCFP a déposé des requêtes individuelles, ainsi que celle de la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal.

L’unité résiduelle

Le SCFP voit à moyen et long termes ; il a donc déposé une requête résiduelle. « L’unité résiduelle ne compte pas juste les 5 succursales sur 12. Quand tu as l’unité résiduelle, en droit du travail, tu comptes toutes les nouvelles succursales à ouvrir. Si le syndicat, dans son dépôt d’accréditation, plutôt que de donner une adresse [de la succursale], dit « tous les établissements non couverts par un certificat d’accréditation », c’est comme si nous, on dit tous ceux qui n’ont pas encore de requête et qui sont à ouvrir vont être versés chez nous », a expliqué en entrevue avec La Presse canadienne Mathieu Dumont, coordonnateur au service de syndicalisation du SCFP.

De son côté, la CSN a déposé une nouvelle requête en accréditation pour les travailleurs de la succursale de la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal — qu’elle se disputera donc avec le SCFP, qui l’inclut dans sa requête globale. La CSN attend par ailleurs les décisions de l’agent de relations de travail dans trois autres succursales pour lesquelles elle a déjà déposé des requêtes, soit celles de Mascouche, Trois-Rivières et du boulevard L’Acadie à Montréal.

Deux accréditations

À ce jour, le seul syndicat qui est reconnu à la SDQC est celui des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), aussi affilié à la FTQ. Il a obtenu deux accréditations pour représenter les salariés de deux succursales, soit celles de Rosemont et de Rimouski. Les rencontres avec l’employeur ont commencé ; l’ambiance est bonne et le processus va bon train, a déjà indiqué en entrevue Antonio Filato, président du conseil provincial des TUAC.

Dans les deux autres succursales pour lesquelles les TUAC ont déposé une requête en accréditation, soit celles de Mirabel et Sainte-Foy, un vote a été ordonné pour vérifier la volonté des salariés. C’est dire que les TUAC y avaient obtenu un appui qui variait entre 35 et 50 %.