Les milieux d’affaires font pression sur Trump

Les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium ont notamment fait bondir le coût de fabrication des voitures et le coût de production des clous aux États-Unis, ont fait valoir des représentants de ces industries.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium ont notamment fait bondir le coût de fabrication des voitures et le coût de production des clous aux États-Unis, ont fait valoir des représentants de ces industries.

Les milieux d’affaires américains pressent le gouvernement Trump de trouver une issue aux problèmes économiques qu’il a lui-même provoqués.

Des représentants des industries américaines de l’automobile, de l’aluminium, de l’acier et du secteur agricole ont dit, vendredi lors d’une consultation à Washington, tout le mal qu’ils pensaient des tarifs douaniers imposés sur l’acier et l’aluminium par leur gouvernement et des représailles commerciales qu’ils ont attirées.

Il en coûte actuellement 464 $US de plus pour produire une seule voiture aux États-Unis, dont 275 $ à 300 $ sont directement liés aux tarifs sur l’acier et l’aluminium, a dénoncé le président de l’association représentant les trois grands de l’industrie américaine (GM, Ford et Chrysler), Matt Blunt. Comme lui, la présidente de l’association des producteurs américains d’aluminium, Heidi Biggs Brock, estime que ces tarifs sont particulièrement contre-productifs lorsqu’on les applique aux deux autres pays de l’Amérique du Nord au moment où la priorité devrait être la ratification et l’entrée en vigueur rapides du nouvel accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) conclu cet automne. Bien que les récriminations américaines contre les subventions déloyales dont profitent les producteurs chinois soient justifiées, la décision de Washington de frapper de tarifs tous les pays sans discrimination est d’autant plus bête que ces tarifs ne contribuent qu’à augmenter l’avantage de prix dont bénéficiait déjà la Chine sur les marchés mondiaux.

Premier fabricant de clous aux États-Unis, Mid-Continent Steel and Wire a vu augmenter, avec les tarifs, ses coûts de production de 25 %, déplore son chef des opérations, Chris Pratt. N’étant pas soumis à ces tarifs, ses concurrents turcs et malaisiens en ont profité pour lui ravir des parts d’un marché américain déjà accaparé par la production étrangère à 80 % en plus de le forcer à mettre à pied la moitié de ses employés.

Annonce de la Fed

L’annonce, vendredi, de la suspension au moins jusqu’au 15 février de la paralysie gouvernementale (shutdown) n’apportera pas seulement du soulagement aux quelque 800 000 employés fédéraux touchés. Plus tôt dans la journée, le p.-d.g. de la banque JPMorgan Chase et président du regroupement des multinationales américaines, dont Caterpillar, Boeing, Walmart et IBM, Jamie Dimon, en avait appelé à un arrêt « immédiat » du shutdown, qui commençait notamment à nuire au fonctionnement des aéroports et des services de l’impôt.

Au début de la semaine, le Fonds monétaire international (FMI) s’était vu obligé de réviser légèrement à la baisse ses prévisions économiques mondiales pour une deuxième fois en quelques mois. Il se disait particulièrement préoccupé par les risques d’escalade des guerres commerciales déclenchées par les États-Unis, notamment contre la Chine, ainsi que par le resserrement des conditions de crédit par les banques centrales.

Placée devant une économie plus forte que dans la plupart des autres pays développés, mais pas aussi forte qu’on l’avait pensé, la Réserve fédérale américaine maintiendra vraisemblablement ses taux d’intérêt inchangés au terme de sa réunion de la semaine prochaine. Elle pourrait bien en profiter, a rapporté le Wall Street Journal vendredi, pour annoncer son intention de réduire moins que prévu son immense portefeuille d’actifs financiers de quelque 4000 milliards de dollars constitué durant les heures les plus sombres de la dernière récession comme moyen d’injecter des liquidités dans l’économie.

Avec La Presse canadienne et l’Agence France-Presse