La BCE brosse un portrait pessimiste en zone euro

Soucieux de rassurer, Mario Draghi a néanmoins insisté sur le fait que le risque de récession restait «faible» aux yeux du Conseil des gouverneurs, balayant pour l’heure les scénarios les plus noirs.
Photo: Daniel Roland Agence France-Presse Soucieux de rassurer, Mario Draghi a néanmoins insisté sur le fait que le risque de récession restait «faible» aux yeux du Conseil des gouverneurs, balayant pour l’heure les scénarios les plus noirs.

La Banque centrale européenne a noirci jeudi son jugement sur l’économie en décrivant un climat truffé d’incertitude, tout en assurant garder des « instruments » dans sa manche si cette dégradation devait s’accentuer.

« À l’unanimité », le conseil des gouverneurs a reconnu « l’essoufflement de la dynamique » en zone euro et estimé que les risques pesant sur la conjoncture avaient augmenté, a déclaré Mario Draghi, président de l’institution, devant la presse. Dans le langage codifié de la BCE, un tel discours témoigne « clairement » d’un pessimisme accru, décrypte Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Parmi les craintes du moment, Mario Draghi a évoqué les « menaces protectionnistes », le flou sur le Brexit, les développements politiques dans « certains pays de la zone euro », le ralentissement en Chine et les déboires du secteur automobile allemand. Plus généralement, la BCE s’inquiète de la « persistance de l’incertitude », susceptible de paralyser l’investissement et de compromettre l’activité future, tout en entretenant la fébrilité des marchés. Jeudi, l’indice PMI mesurant l’activité privée en zone euro est revenu ternir le tableau en tombant à son plus bas niveau depuis juillet 2013, suggérant une quasi-stagnation en janvier.

Soucieux de rassurer, Mario Draghi a néanmoins insisté sur le fait que le risque de récession restait « faible » aux yeux du Conseil des gouverneurs, balayant pour l’heure les scénarios les plus noirs.

Dans l’immédiat, la BCE a maintenu ses taux directeurs au plus bas, soit à zéro pour le taux de refinancement des banques et à –0,40 % sur les liquidités excédentaires déposées à son guichet. L’institut a répété que ces taux ne bougeront pas « jusqu’à l’été 2019 au moins », avant ce qui serait le premier tour de vis monétaire depuis juillet 2011, une action risquée si l’économie patine.