Brexit: Londres perd d’autres sièges sociaux

À mesure que le Brexit approche, les départs des grandes sociétés semblent s’accélérer.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse À mesure que le Brexit approche, les départs des grandes sociétés semblent s’accélérer.

Le gouvernement britannique a cherché à apaiser les craintes d’exode des entreprises effrayées par le chaos des préparatifs du Brexit au Royaume-Uni après des décisions symboliques de Dyson et Sony de déménager leur siège hors du pays.

« Le Royaume-Uni reste ouvert aux affaires et demeure une destination attractive pour les investissements directs étrangers, même pendant cette période d’incertitudes autour du Brexit », a martelé mercredi le ministre du Commerce international, Liam Fox, auprès de l’AFP en marge du Forum de Davos en Suisse. Interrogé sur la décision choc annoncée mardi soir par le groupe de technologie Dyson, qui va transférer son siège social de l’Angleterre vers Singapour, M. Fox ne s’est pas montré inquiet : « Ils déplacent littéralement deux emplois du Royaume-Uni à Singapour. Difficile de parler d’exode ! » a-t-il ironisé.

Mais même si le groupe technologique a assuré que ce mouvement n’avait « rien à voir » avec le Brexit, ce choix symbolique fait désordre à deux mois de la date théorique du départ britannique de l’UE, et a d’autant plus choqué que le propriétaire du groupe, l’inventeur James Dyson, est un partisan déclaré du Brexit.

Hasard du calendrier ou intensification des départs ? Quelques heures après le choc Dyson, le fleuron japonais de l’électronique Sony a annoncé à son tour qu’il allait déplacer hors du Royaume-Uni son siège européen, transféré à Amsterdam aux Pays-Bas. Il veut ainsi éviter de lourdes procédures douanières après le Brexit. Comme Dyson, le géant nippon a souligné que ses effectifs britanniques ne seraient pas touchés. Mais, dans les deux cas, des conséquences sont à craindre pour les services des impôts britanniques, qui pourraient se voir privés de recettes fiscales.

Un autre groupe japonais, Panasonic, avait pris une décision similaire l’année précédente, en raison d’inquiétudes dans le domaine fiscal.

À mesure que le Brexit approche, les décisions des grandes sociétés semblent s’accélérer, qu’elles soient directement liées au Brexit ou que ce facteur soit un élément supplémentaire susceptible de faire pencher la balance. Jeudi dernier, le géant néerlandais de l’électroménager Philips a annoncé la fermeture de sa seule usine britannique, menaçant 430 emplois dans le Suffolk. Le même jour, le conglomérat japonais Hitachi gelait un gigantesque projet de centrale nucléaire au Pays de Galles.

La France, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays-Bas et le Luxembourg font partie des pays qui récupèrent une partie des activités en partance. L’association Luxembourg for Finance a d’ailleurs chiffré à 47 le nombre de banques, d’assureurs et de gestionnaires d’actifs qui lui ont fait part de leur projet de s’implanter ou d’accroître leur présence dans le grand duché du fait du Brexit.

Là encore, la quantité d’emplois n’est pas massive, mais les milieux d’affaires s’activent pour parer à toute mauvaise surprise face au blocage de la situation politique au Royaume-Uni. La Chambre des communes a massivement rejeté la semaine dernière l’accord de sortie négocié entre Londres et Bruxelles, et la première ministre, Theresa May, refuse d’écarter l’hypothèse d’un départ abrupt et sans accord, le cauchemar du patronat.

Vers les Pays-Bas

Question d’en rajouter, les autorités néerlandaises ont déclaré mercredi être en contact avec plus de 250 entreprises étrangères au sujet d’un déménagement du Royaume-Uni vers les Pays-Bas en raison du Brexit. Le gouvernement néerlandais est actuellement « en contact avec plus de 250 sociétés intéressées par un déménagement aux Pays-Bas à cause du Brexit », a dit à l’AFP Michiel Bakhuizen, le porte-parole de la NFIA (Netherlands Foreign Investment Agency), une agence qui dépend directement du ministère des Affaires économiques. « Chaque nouvelle arrivée d’une entreprise, grande ou petite, est un succès », se réjouit-il.