Walmart Canada s’attaque aux déchets de plastique

Walmart veut éliminer les pailles de plastique non réutilisables et les remplacer par des articles en papier d’ici 2020.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Walmart veut éliminer les pailles de plastique non réutilisables et les remplacer par des articles en papier d’ici 2020.

Walmart Canada a annoncé mercredi différentes mesures pour réduire la quantité de déchets de plastique dans ses magasins.

Le géant du commerce au détail souhaite dans un premier temps réduire les sacs de plastique aux caisses de 50 % supplémentaires d’ici 2025. Walmart Canada compte aussi éliminer les emballages de PVC et de polystyrène expansé pour tous les produits de ses marques maison d’ici 2025. Il souhaite utiliser au moins 20 % de contenu recyclé post-consommation dans ses emballages de marques maison d’ici 2025 ; éliminer les emballages de plastique inutiles pour tous ses produits de marques maison dès 2019 ; et avoir des emballages recyclables, réutilisables ou compostables à 100 % pour ses produits de marques maison d’ici 2025.

De plus, Walmart veut éliminer les pailles de plastique non réutilisables et les remplacer par des articles en papier d’ici 2020. La compagnie veut aussi éliminer les plastiques non réutilisables dans les cafétérias, les bureaux et les centres de distribution de Walmart Canada d’ici la fin de 2019. Enfin, Walmart compte « offrir aux clients des solutions plus respectueuses de l’environnement aux produits de plastique non réutilisables pour la maison ».

Walmart Canada compte 411 magasins à travers le pays.

L’annonce de Walmart n’impressionne pas le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard. « On ne peut pas être contre la vertu, mais je pense que les grosses compagnies, surtout dans le commerce de détail, ne devraient pas s’autoréguler. » Il ajoute que bien des mesures proposées par Walmart ne dépendent pas de l’entreprise, mais des municipalités qui doivent offrir les services de récupération pour toutes ces matières. Selon lui, c’est aux gouvernements de dicter les règles concernant l’usage du plastique et non aux grandes entreprises d’établir les normes qui font leur affaire.

Au-delà même du débat sur le recyclage, Karel Ménard fait remarquer qu’on est rendus « à l’ère de la réduction à la source. Il faut éviter de produire un bien jetable ou qui pollue plutôt que de dire “vous pouvez le recycler” », soutient-il.

Un point de vue partagé par Colleen Thorpe, directrice des programmes éducatifs d’Équiterre. « Optimiser les emballages, ça va de soi. Là, ce qu’il faut faire, c’est remettre en question l’achat du produit et la durabilité du produit », estime la consultante qui a fait cette suggestion à Walmart il y a dix ans.