Le Québec est un «extraordinaire concentré d’atouts»

Les entreprises et la main-d’œuvre en région devraient être mieux valorisées par les entreprises montréalaises, fait valoir le nouveau chef de la BMO, Claude Gagnon.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les entreprises et la main-d’œuvre en région devraient être mieux valorisées par les entreprises montréalaises, fait valoir le nouveau chef de la BMO, Claude Gagnon.

Les entreprises montréalaises devraient prêter plus attention aux nombreux atouts dont disposent les autres régions du Québec au lieu de ne compter que sur elles-mêmes ou d’aller tout de suite chercher ailleurs les moyens nécessaires à leur développement, estime le nouveau président de la Banque de Montréal pour le Québec.

« Nous devons, comme communauté d’affaires, valoriser davantage les relations avec des entreprises régionales », a déclaré mardi midi Claude Gagnon à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Arrivant d’une tournée du Québec entreprise après avoir pris la relève de L. Jacques Ménard comme président aux opérations de BMO Groupe financier au Québec le printemps dernier, le banquier n’a pas manqué de se féliciter que la métropole québécoise soit devenue, ces dernières années, « une étoile filante parmi les prometteuses en Amérique du Nord ». « Mais cette confiance, cette audace, ce goût d’entreprendre […] il est partout au Québec. J’ai été impressionné par le niveau de productivité et de technologies d’entreprises de Drummondville, par la force de l’innovation à Québec, par la confiance des Beaucerons. »

Photo: Courtoisie Claude Gagnon

Riche en énergie propre, en ressources, en secteurs de pointe et en capacités innovatrices, mais aussi d’un « écosystème financier robuste » et d’un des systèmes d’éducation publics « les meilleurs au monde », le Québec apparaît aujourd’hui comme « une sorte de terre promise » pour plus d’un investisseur étranger. Les entreprises d’ici seraient folles de ne pas voir et tirer profit de cet « extraordinaire concentré d’atouts », dit Claude Gagnon. Occupant souvent, en raison de leur taille, le rôle déterminant de donneurs d’ordre dans leur secteur, les entreprises montréalaises devraient apprendre, dans leurs stratégies de développement, à porter plus largement leur regard à l’ensemble du Québec plutôt que de s’arrêter à la seule région montréalaise ou à tout de suite « regarder au sud de la frontière ou à l’international », a-t-il expliqué après son discours à des journalistes.

Compter les emplois autrement

Les succès économiques du Québec n’ont pas que des avantages. Associés au vieillissement de sa population, ils le placent aujourd’hui devant un sérieux problème de rareté de main-d’oeuvre qui force les acteurs politiques et économiques à un « changement de paradigme » brutal. « Le taux de chômage qu’on a si longtemps regardé comme l’électrocardiogramme de l’économie, il ne veut plus dire grand-chose », remarque le banquier. À la place, dit-il, « on devrait se demander quels emplois on veut garder, quels emplois sont pertinents et quels emplois on peut remplacer par des robots ».

Afin de contribuer à cette réflexion, la Banque de Montréal a demandé à l’Institut du Québec de mettre au point un nouvel indicateur de qualité d’emploi. Cet indicateur devra considérer qu’un emploi est de qualité lorsqu’il sera mieux rémunéré que la moyenne, qu’il offrira de bonnes perspectives d’avancement et de bonnes conditions d’exercice, mais pas seulement. Il visera aussi à valoriser des facteurs de bien-être individuel et collectif, comme le fait de contribuer à une économie verte, d’améliorer les services aux citoyens, de permettre l’inclusion des personnes et de « faire appel aux qualités humaines comme la compassion et la créativité ».

Claude Gagnon espère que le nouvel indicateur sera prêt quelque part ce printemps et compte ensuite le publier chaque année. « L’engagement social, ce n’est pas une distraction, c’est une stratégie de croissance. […] Les bonnes affaires se font dans des communautés saines. »