Le temps presse pour l’accès Internet haute vitesse en région

Il y a longtemps que Québec et Ottawa expriment l’idée d’épauler les régions dans le virage numérique, qui va de pair avec le développement économique.
Photo: iStock Il y a longtemps que Québec et Ottawa expriment l’idée d’épauler les régions dans le virage numérique, qui va de pair avec le développement économique.

Si des mesures d’aide ne sont pas mises en oeuvre rapidement, le fossé numérique qui divise les régions du Québec sur l’accès à Internet haute vitesse ne fera que s’accentuer, prévient le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

À deux mois du premier budget de la Coalition avenir Québec, qui a promis en campagne une enveloppe de 400 millions sur quatre ans, la FQM insiste sur le besoin criant de combler ce vide, qui affecte à la fois citoyens, agriculteurs et entreprises.

« Il y avait une époque où c’était un luxe, où on ne sentait pas tant la nécessité. Mais là, il n’y a plus de doute », a dit en entrevue le président de la FQM et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley, Jacques Demers, qui souhaite un plan d’ensemble pour le Québec. « Et ça va s’accentuer. Ceux qui ne l’auront pas vont être nettement en retard. On devrait déjà être là-dessus. »

En plus de l’accès Internet, l’engagement de la CAQ dévoilé en août 2018 portait sur « une couverture cellulaire large bande sur 100 % du territoire habité » du Québec. Selon le parti de François Legault, « environ 240 000 foyers n’ont toujours pas accès à un service Internet de qualité, et la couverture cellulaire s’avère encore déficiente à de nombreux endroits ».

Il y a longtemps que Québec et Ottawa expriment l’idée d’épauler les régions dans le virage numérique, qui va de pair avec le développement économique.

En 2016, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a même déclaré que l’accès haute vitesse devait être considéré comme un service de télécommunication de base. Il avait même proposé que le fonds alimentant le service téléphonique local soit réorienté vers ce nouveau besoin. Objectif : que 90 % de la population canadienne aient accès à une vitesse de téléchargement de 50 Mbit/s et de 10 Mbit en téléversement, d’ici 2021. À l’époque, le taux de pénétration atteignait 82 %.

Il arrive fréquemment que les premières questions des acheteurs potentiels de maisons portent sur l’accès à Internet haute vitesse, avant même les puits ou les champs d’épuration en milieu rural, selon les échanges que M. Demers a eus avec des courtiers.

« Quant à savoir si 400 millions sont une somme suffisante, je suis obligé de dire que non », a dit le président de la FQM. « Mais c’est quand même intéressant. Le moment est bon pour y jeter un coup d’oeil avec le fédéral, qui veut lui aussi investir. Il faut rallier les deux paliers pour éviter que les travaux se fassent en parallèle. »