L’élite cueillie à froid au Forum de Davos

«Une récession mondiale n’est pas au coin de la rue, mais le risque d’un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté», a averti la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse «Une récession mondiale n’est pas au coin de la rue, mais le risque d’un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté», a averti la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Alors qu’elle arrive à peine à Davos, l’élite économique mondiale a été cueillie à froid lundi par un avertissement du FMI sur la croissance et sur le mécontentement populaire qu’alimentent des inégalités toujours plus criantes. « Une récession mondiale n’est pas au coin de la rue, mais le risque d’un recul plus prononcé de la croissance mondiale a augmenté », a averti la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde.

De quoi faire encore baisser la température dans la station de ski huppée des Alpes suisses, couvertes d’un épais tapis neigeux, où vont converger jusqu’à vendredi les quelque 3000 participants au Forum économique mondial. Ils sont accueillis cette année par une grande campagne d’affichage des organisateurs les incitant à délaisser jets et berlines.

La nouvelle économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, qui effectuait son baptême du feu à Davos, a accompagné ses prévisions d’un message aux dirigeants politiques pour qu’ils répondent rapidement au mécontentement populaire qui s’exprime dans certains pays. « Je pense que ce qui est important, ce n’est pas d’attendre une escalade des risques politiques, mais que les dirigeants politiques s’occupent d’éviter un tel mécontentement avec la manière dont les choses fonctionnent », a-t-elle affirmé.

L’appel sera-t-il entendu en France, par exemple ? La crise des « gilets jaunes » retient à Paris le président français, Emmanuel Macron, alors qu’il avait été l’un des chouchous de Davos l’an dernier. Le Forum se déroule également en l’absence du président américain, Donald Trump, qui a renoncé en raison de la fermeture partielle des administrations fédérales (shutdown). Theresa May a aussi renoncé pour cause de Brexit.

De quoi céder le devant de la scène au nouveau président brésilien, Jair Bolsonaro, arrivé lundi en fin d’après-midi et dont le discours mardi est très attendu. Mais aussi au chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte. Deux figures de la montée du populisme dans le monde, un phénomène qu’alimente le creusement apparemment inexorable des inégalités, dénoncé comme chaque année par Oxfam.

Dans son rapport annuel, l’ONG révèle que 26 milliardaires ont désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Trois d’entre eux sont sur la liste des quelque 3000 participants à Davos cette année : l’Américain Bill Gates, le magnat indien de l’industrie Mukesh Ambani et le fondateur du géant chinois Alibaba, Jack Ma.

« Les inégalités extrêmes sont hors de contrôle dans le monde, a averti Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International. Nous voyons les plus fortunés qui s’emparent de la richesse et les défavorisés qui s’enfoncent dans le dénuement. »