Comment attirer des investissements étrangers au Québec?

La Caisse compte neuf bureaux à l’étranger: New York, Paris, Londres, New Delhi, Mexico, Shanghai, Singapour, Sydney et Washington.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La Caisse compte neuf bureaux à l’étranger: New York, Paris, Londres, New Delhi, Mexico, Shanghai, Singapour, Sydney et Washington.

L’idée de mettre à contribution le réseau international de la Caisse de dépôt et placement pour stimuler les investissements au Québec est bien reçue au sein de l’institution.

En entrevue avec La Presse canadienne en fin de semaine, le premier ministre François Legault a évoqué le besoin de mieux travailler sur la scène mondiale et mentionné Investissement Québec (IQ), les délégations du Québec et la Caisse de dépôt.

« La Caisse utilise déjà son réseau à l’international pour la croissance des entreprises québécoises dans lesquelles on est déjà investis », a dit un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon.

« Si on peut mettre ce même réseau à profit pour mettre d’autres gens en relation, pour attirer des investissements et des échanges commerciaux qui renforcent l’économie du Québec, bien sûr qu’on va le faire. C’est dans l’intérêt de tous de le faire », a ajouté M. Chagnon.

M. Legault a dit qu’il faut augmenter et diversifier les exportations et « attirer plus d’investissements au Québec » afin d’améliorer la productivité. « On va tout changer le rôle d’IQ, on va mieux arrimer IQ avec les délégations générales à l’étranger », a-t-il ajouté. Au cours de l’entretien, il a aussi mentionné la Caisse de dépôt, dotée selon lui du « meilleur réseau à l’international ».

Bureaux d’IQ à l’étranger

Bras financier du gouvernement, IQ compte 12 représentations dans le monde : Atlanta, Chicago, Los Angeles, New York, Londres, Munich, Paris, Stockholm, Pékin, Mumbai, Séoul et Tokyo. En 2017-2018, IQ a permis d’attirer au Québec 70 projets différents, dont la valeur était de 2,2 milliards, selon son dernier rapport annuel.

Pendant la campagne électorale, un des engagements de la CAQ portait précisément sur Investissement Québec, que M. Legault voulait plus agressive dans ses efforts visant à capter l’attention des étrangers et leurs capitaux.

On va tout changer le rôle d’Investissement Québec, mieux l’arrimer avec les délégations générales à l’étranger

Le rôle d’IQ consiste à « stimuler la croissance de l’investissement et à soutenir l’emploi dans toutes les régions du Québec », selon sa loi. De plus, d’après son dernier rapport annuel, « IQ exerce ses activités de prospection auprès de deux groupes cibles : les filiales de sociétés internationales déjà établies au Québec ainsi que leurs sociétés mères, et les sociétés étrangères n’ayant pas encore de présence au Québec ».

De son côté, la Caisse compte neuf bureaux à l’étranger : New York, Paris, Londres, New Delhi, Mexico, Shanghai, Singapour, Sydney et Washington.

Son réseau international comptait plus d’une dizaine de bureaux au début des années 2000, à une époque où la Caisse cherchait à décrocher des mandats de gestion auprès d’investisseurs institutionnels. En 2002, elle a décidé d’en fermer plusieurs. Le redéploiement du réseau a commencé il y a quelques années sous l’impulsion de Michael Sabia. Le bureau de New Delhi, par exemple, a pour mission de dénicher des occasions d’investissement dans toute l’Asie du Sud.

« Il faut toujours être prudent à présenter la Caisse comme si c’était un instrument du gouvernement », a dit Yvan Allaire, président exécutif du conseil de l’Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques. « Bien sûr que le développement économique fait partie du mandat de la Caisse, mais elle ne peut pas être vue comme un bras opérationnel du gouvernement. »