Assemblée annuelle des actionnaires - Pages Jaunes rêve du marché albertain

Le Groupe Pages jaunes souhaite étendre ses activités à l'extérieur du Québec en acquérant des éditeurs d'annuaires qui appartenaient jusqu'à tout récemment aux anciens grands monopoles de téléphonie, a laissé savoir hier le p.-d.g. de l'entreprise, Marc Tellier.

«On aime les éditeurs établis. Si on regarde dans le marché de l'Ouest canadien — qui est celui qui nous intéresse — la liste est relativement courte», a-t-il confié en marge de la première assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise depuis son entrée en Bourse, le 1er août dernier.

Les géants Sasktel (Saskatchewan) et MTS (Manitoba) conservent toutes deux une participation dans des sociétés concurrentes de Pages jaunes. Pour sa part, Telus a cédé son éditeur à Verizon, qui l'a rebaptisé SuperPages.

De l'aveu de M. Tellier, cette compagnie qui réalise environ 90 % de son chiffre d'affaires en Alberta et en Colombie-Britannique constituerait une cible de choix.

En acquérant une partie ou la totalité des actifs de SuperPages, les Pages jaunes pourraient même se débarrasser de leur seul concurrent sérieux dans le marché québécois. Depuis l'an dernier, l'éditeur albertain distribue en effet son propre annuaire à Montréal et à Québec.

Au cours des prochaines années, la croissance de la société québécoise pourrait aussi venir d'Internet. En 2003, ses annuaires en ligne — canada411.ca, yellowpages.ca et montrealplus.ca, entre autres — ont connu une croissance de 29 %. M. Tellier et son chef de la direction financière, Christian Paupe, s'attendent à une progression aussi rapide cette année. Ces services aux revenus de Pages jaunes ne représentent qu'environ 2 % du chiffre d'affaires, mais ils sont rentables, ont-ils assuré.

Un bénéfice

Le Fonds de revenu Pages jaunes — qui contrôle 70,3 % du groupe — a fait état de revenus de 164,3 millions pour son premier trimestre terminé le 31 mars. L'an dernier à pareille date, l'entreprise avait plutôt déclaré un chiffre d'affaires de 157,2 millions. Son bénéfice net pour la période a atteint 68,7 millions, comparativement à une perte de 18,3 millions en 2003.

D'après la direction, ces résultats découlent notamment d'une réduction des frais financiers. Son inscription en Bourse a en effet permis au groupe Pages jaunes de réduire sa dette de manière significative depuis un an, la ramenant à 1,05 milliard à la fin du premier trimestre, en comparaison avec 2,1 milliards à pareille date en 2003.