Quel avenir pour la demande d’hydrogène chez les automobilistes?

Dans le monde, l’hydrogène est le plus souvent produit à partir de gaz naturel. Cependant, il est prévu que celui vendu à Québec soit produit sur place par électrolyse de l’eau.
Photo: Tobias Schwarz Agence France-Presse Dans le monde, l’hydrogène est le plus souvent produit à partir de gaz naturel. Cependant, il est prévu que celui vendu à Québec soit produit sur place par électrolyse de l’eau.

Il est difficile pour l’instant de prédire la vitesse à laquelle la filière des voitures à l’hydrogène se développera, affirme un haut dirigeant du groupe Harnois, qui ouvrira sous peu un premier point de ravitaillement public à Québec.

« Ça dépendra du nombre de voitures vendues. Cette station-là est construite pour être capable d’accommoder de 250 à 300 autos », a dit en entrevue vendredi Luc Harnois, vice-président exécutif et copropriétaire de l’entreprise.

Les premières voitures seront celles de Toyota, livrées au gouvernement du Québec. « C’est quelque chose qu’on n’a jamais fait. Alors, pour les coûts d’exploitation, on y va actuellement avec les hypothèses présentées par les promoteurs. On achète de l’équipement quand même assez sophistiqué. On va vraiment être certains des coûts quand on va le vivre », a-t-il ajouté.

La station « multi-énergies » située sur le boulevard Wilfrid-Hamel, également pourvue de bornes pour voitures branchables, fait partie des projets pilotes financés par Transition énergétique Québec (TEQ) pour explorer le développement des véhicules électriques à hydrogène. La station de Québec compte aussi comme partenaire Toyota Canada, dont 50 voitures Mirai seront louées par le gouvernement.

Électrolyse

Dans le monde, l’hydrogène est le plus souvent produit à partir de gaz naturel. Cependant, il est prévu que l’hydrogène vendu à Québec soit produit sur place par électrolyse de l’eau. La station pourra répondre à une cinquantaine de pleins par jour, selon M. Harnois. Un plein à l’hydrogène prend quelques minutes au plus.

Les derniers jours ont été marqués par l’annonce de Honda Canada concernant sa propre participation dans le projet des infrastructures de ravitaillement encadré par TEQ. Le constructeur appuiera spécifiquement le projet d’un deuxième point de ravitaillement, prévu cette fois dans la couronne sud de Montréal vers la fin de 2019.

Selon Honda, l’objectif consiste à « soutenir l’évolution des choix » en matière de mobilité, en plus de créer « un environnement qui nous permettra de continuer à tester nos produits et de poursuivre l’éducation des Canadiens sur l’important potentiel des véhicules propulsés à l’hydrogène ».

Le gouvernement a prévu l’an dernier de consacrer 8 millions à la filière de l’hydrogène. Une première tranche de 6,2 millions devait être versée à TEQ au cours de l’exercice 2018-2019 pour les deux projets pilotes de stations de ravitaillement.

Puisque l’hydrogène vendu au Québec sera produit par électrolyse, il s’agit d’un élément positif sur le plan environnemental, dit Martin Archambault, porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec. Mais il s’interroge sur l’« efficacité et la logique énergétique » du projet. « La quantité d’électricité requise pour produire l’hydrogène qui va faire rouler une voiture sur 100 kilomètres est presque quatre fois plus grande que la quantité d’électricité qu’il aurait fallu pour faire rouler une voiture électrique sur les mêmes 100 kilomètres. »

Selon M. Harnois, les voitures à l’hydrogène et les voitures à batterie ont chacune leur type de clientèle, compte tenu des caractéristiques inhérentes aux véhicules (le rayon d’autonomie, par exemple). « Les gens nous demandent : “Laquelle des deux va gagner ?” Aucune des deux ne va gagner. Il y a de la place pour les deux. »