Tesla supprime 7% de ses effectifs

«Si nous avons fait des progrès, nos produits demeurent encore trop chers pour la plupart des gens», écrit M. Musk.
Photo: Chris Carlson Associated Press «Si nous avons fait des progrès, nos produits demeurent encore trop chers pour la plupart des gens», écrit M. Musk.

Le constructeur Tesla va supprimer environ 7 % de ses effectifs, soit plus de 3000 emplois, pour faire des économies au moment où il baisse les prix de ses voitures pour répondre à la diminution progressive des aides accordées aux véhicules électriques aux États-Unis.

Dans une lettre transmise à son personnel et publiée vendredi sur son site Internet, le cofondateur et patron de Tesla, Elon Musk, explique que cette cure d’austérité est nécessaire, car « l’avenir s’annonce compliqué. Nous sommes confrontés à une difficulté extrême : produire nos voitures, batteries et produits solaires à des coûts compétitifs […]. Si nous avons fait des progrès, nos produits demeurent encore trop chers pour la plupart des gens », écrit M. Musk.

Ces informations étaient mal accueillies à Wall Street. « Les investisseurs se demandent s’il n’y a pas un problème de demande pour les voitures Tesla », a résumé Garrett Nelson, analyste au cabinet CFRA Research. « Tesla reconnaît officiellement que le crédit d’impôt est important pour les acheteurs, ce qui suggère que la demande pour le Model 3 est en train de décliner », renchérit Jessica Caldwell chez Edmunds.com.

Le nombre exact d’emplois devant être supprimés n’est pas connu, mais Tesla employait 45 000 personnes en octobre, avait indiqué à l’époque Elon Musk. Sur la base de ce chiffre, environ 3150 emplois devraient être supprimés.

C’est la deuxième vague de suppressions d’emplois de Tesla en six mois. En juin dernier, le constructeur californien, fondé en 2003, avait déjà décidé de réduire ses effectifs de 9 % pour faire des économies, alors qu’il rencontrait des difficultés pour produire le Model 3. M. Musk fait le pari que cette voiture va transformer Tesla en constructeur automobile de masse.

Les investisseurs se demandent s’il n’y a pas un problème de demande pour les voitures Tesla

Promise à 35 000 $US, la version la moins chère vaut actuellement à la commande 44 000 $US, selon M. Musk, même après une baisse de 2000 $US du prix en janvier. L’entreprise avait justifié cette baisse par sa volonté de rendre ce modèle abordable après la réduction du crédit d’impôt de 7500 $US accordé par le gouvernement fédéral aux véhicules électriques. « Le besoin de versions de Model 3 à prix réduits va devenir plus pressant au 1er juillet, quand le crédit d’impôt de l’État fédéral va encore diminuer de moitié, rendant notre voiture 1875 $US plus chère. Et ça va empirer en fin d’année quand ce crédit va complètement disparaître », insiste Elon Musk.

La disparition progressive des primes écologiques et la concurrence de constructeurs automobiles classiques devraient également être des casse-tête. Mercedes-Benz vient de lancer un crossover électrique, la EQC, Audi va commercialiser la E-Tron, tandis que sa maison mère Volkswagen et General Motors annoncent des dizaines de modèles de véhicules électriques dans les prochaines années.

En mai dernier, Elon Musk avait prévenu que Tesla « perdrait de l’argent et disparaîtrait » s’il vendait le Model 3 au prix de 35 000 $US. Vendredi, le chef d’entreprise a réitéré cette menace : « Des volumes élevés et des améliorations dans la production et la conception sont cruciaux pour que Tesla réalise des économies d’échelle nécessaires pour fabriquer un Model 3 » de base vendu à 35 000 $US « et demeure une entreprise viable », a-t-il dit.. « Il n’y a pas d’autre moyen. »