La flambée des prix du brut continue

Le président de l’OPEP, Purnomo Yusgiantoro, a indiqué que le cartel devrait décréter une hausse de la production.
Photo: Agence Reuters Le président de l’OPEP, Purnomo Yusgiantoro, a indiqué que le cartel devrait décréter une hausse de la production.

New York — Le prix du baril de brut a atteint un record historique en clôture hier sur le marché de New York, battant ainsi son record de la veille, dopé par les tensions au Moyen-Orient et les craintes liées à aux stocks très serrés d'essence aux États-Unis.

Le baril de brut a pris 31 ¢US pour finir hier à 41,08 $US, après être monté jusqu'à 41,10 $US en séance. Le record historique en séance, qui s'élève à 41,15 $US, a été atteint le 10 octobre 1990.

«Il est peu probable que le marché baisse avant la semaine prochaine à cause des craintes liées au terrorisme», a indiqué Bill O'Grady, analyste de AG Edwards, précisant que les investisseurs ne voulaient pas se trouver à court pendant le week-end et que les prix pourraient encore augmenter aujourd'hui. Le marché du pétrole est extrêmement nerveux en raison des tensions au Moyen-Orient et des craintes de nouveaux attentats contre des installations pétrolières, à l'instar de ceux qui ont eu lieu ces dernières semaines en Irak et en Arabie Saoudite.

Réaction de l'OPEP

Ainsi, les propos de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui a clairement fait savoir hier qu'elle allait augmenter sa production, n'ont pas fait retomber les cours, qui ont battu le record de la veille en clôture.

Le président de l'OPEP, Purnomo Yusgiantoro, a indiqué que les membres du cartel, «inquiets» de la flambée des prix, «devraient s'accorder» sur une hausse de la production lors d'une rencontre informelle le 21 mai à Amsterdam. La décision serait entérinée lors de la prochaine conférence extraordinaire de l'organisation, le 3 juin à Beyrouth.

M. Yusgiantoro, qui est aussi le ministre indonésien de l'Énergie, a qualifié de «tout à fait positive» la proposition de l'Arabie Saoudite de relever le quota de production de 1,5 million de barils par jour (mbj), le portant ainsi à 25 mbj à partir du 1er juillet, contre 23,5 mbj actuellement. Mais le marché a accueilli ces déclarations avec scepticisme. Pour Peter Luxton, analyste à la revue Global Markets, les déclarations du cartel «ont échoué à calmer les nerfs [des investisseurs] car l'OPEP pourrait ne pas être capable de procurer un grand soulagement» au marché pétrolier.

D'après Bill O'Grady, si «l'OPEP et l'Arabie Saoudite se mettaient à produire à leur pleine capacité», ou si la croissance économique ralentit en Chine, cela pourrait inverser la tendance du marché.

Autre facteur susceptible d'apaiser les cours: si «le gouvernement américain décidait d'essayer de mettre sur le marché une partie des réserves stratégiques, cela enlèverait un peu de pression au marché de l'essence», affirme M. O'Grady.

Les prix à la pompe volent en effet de record en record en raison de stocks très faibles à l'orée de l'été, saison haute de la consommation aux États-Unis.