L’immigration plus visible dans l'immobilier en 2019

Les transactions unifamiliales ont atteint un sommet en cinq ans.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les transactions unifamiliales ont atteint un sommet en cinq ans.

Un ralentissement doit suivre une année 2018 record au chapitre des ventes résidentielles. Et l’influence asymétrique de l’immigration s’annonce plus visible.

En se basant sur les actes notariés publiés au Registre foncier du Québec, le cabinet JLR, spécialisé en données immobilières, conclut à une année record en 2018 pour les ventes résidentielles.

Le nombre de transactions a progressé de 3 % dans l’unifamilial, à 81 090, pour atteindre un sommet en cinq ans. Pour sa part, le segment de la copropriété s’est démarqué avec une croissance de 10 % des transactions, à 34 344. Dans celui des deux à cinq logements, l’augmentation par rapport à 2017 s’est chiffrée à 3 %, avec 12 157 transactions. La poussée du prix médian moyen a été de 4 %, de 3 % et de 4 % respectivement à l’échelle québécoise.

Cette vigueur des ventes résidentielles peut difficilement se poursuivre cette année, croit la filiale d’Equifax, malgré un marché du travail favorable. Le resserrement des règles hypothécaires en janvier 2018, combiné aux cinq hausses des taux directeurs de la Banque du Canada depuis juillet 2017, devrait provoquer un ralentissement. L’augmentation du loyer de l’argent perturbe tant l’accès à la propriété pour les nouveaux acheteurs que les ménages détenant une hypothèque à taux variable ou devant la renégocier.

JLR ajoute que l’influence de l’immigration sera plus visible dans un marché aux prises avec un choc démographique. Citant des chiffres de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), de juillet 2017 à juin 2018, le solde migratoire, incluant la variation du nombre de résidents non permanents, s’est établi à + 76 200 au Québec.

« Cela représente une hausse d’environ 23 800 migrants par rapport à la période précédente. » À court terme, cette clientèle vient alimenter la demande de logements locatifs, quoique nombre de migrants disposent à leur arrivée d’un actif important leur permettant d’accéder à la propriété. À plus long terme, ces ménages viennent en grand nombre gonfler le rang des acheteurs.

Le phénomène migratoire s’observe cependant davantage dans la grande région de Montréal. Ailleurs au Québec, la croissance de population est beaucoup plus faible ou se retrouve davantage aux prises avec le vieillissement.

« L’ISQ a prévu des baisses de population entre 2011 et 2036 pour les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, au Bas-Saint-Laurent et en Côte-Nord. » À l’opposé, « pour la même période, l’ISQ a prédit des hausses de population supérieures à 30 % à Laval et dans Lanaudière. Ces régions devraient donc voir leur parc immobilier s’accroître fortement et les prix des propriétés, augmenter au cours des prochaines années », retient JLR.